Il aurait pu honorer sa première sélection sous les ordres de Vahid Halilhodzic en 2012 ou en 2014 quand Christian Gourcuff était sélectionneur de l’équipe nationale mais, pour diverses raisons, Djamel Benlamri n’a jamais fait son baptême du feu. Il a dû attendre de tutoyer la trentaine pour avoir une chance et prouver son mérite de jouer pour les «Fennecs». C’est l’entraîneur Djamel Belmadi qui lui a donné cette chance aussi inattendue qu’inouïe. Une étape qui l’a fait basculer dans une nouvelle dimension avec le statut de champion d’Afrique. Un peu plus d’une année après cette consécration, le défenseur va jouer en Europe avec les couleurs de l’Olympique Lyonnais.

«Si Gourcuff ne prend pas Benlamri, c’est qu’il ne connaît rien au football. S’il est honnête, il a trouvé le joueur qu’il recherche. Il a largement sa place en équipe nationale», cette déclaration date de plus de 6 ans. Elle est signé Mohand-Chérif Hannachi, président de la JS Kabylie à l’époque, qui militait pour que son roc défensif devienne un international.
Auparavant, Vahid Halilhodzic avait décelé du potentiel chez le natif d’EL-Harradch. Mais la relation entre les deux était très tendue. Plus jeune, le nouveau sociétaire de l’OL manquait quelque peu de maturité décuplée par un sentiment de marginalisation en dépit de ses bonnes performances.

Incompréhension et tensions
«Je ne sais vraiment pas quoi faire de plus pour plaire au sélectionneur national. J’estime que je suis en train de réaliser une saison de premier ordre, mais sans que cela ne plaide en ma faveur. Cela veut dire qu’il y a des raisons autres que techniques qui justifient ma non-convocation en sélection algérienne. Si c’est le cas, j’aimerais bien que l’entraîneur national me les fasse savoir», indiquait le solide défenseur axial des «Canaris» entre 2012 et 2015.
Il y avait des rumeurs qui ont circulé depuis plusieurs mois. Elles évoquaient un soi-disant comportement négatif de la sa part lors de ce qui était son dernier stage auquel il avait pris part avec l’équipe nationale. Regroupement qui remontait à deux saisons ou presque. «Franchement, cette histoire commence à me fatiguer et je souhaite que Halilhodzic lui-même se prononce à ce propos, car me concernant, j’ai la conscience tranquille car je n’ai, à aucun moment, transgresser les règles de la discipline», avait-il assuré dans la presse.

L’exil saoudien lui a fait du bien
Aujourd’hui, on est loin de ce Benlamri conflictuel. Quelques années après, il est plus posé et lucide. Le fait d’être sorti du marasme footballistique algérien l’a énormément aidé. Même si c’était pour jouer dans la Péninsule arabe avec Al-Shabab de Riyad qu’il avait rejoint en partance de l’ES Sétif il y a 4 ans. C’est par la porte du Moyen-Orient qu’il a intégré la sélection. Belmadi cherchait les éléments les plus performants et n’avait rien à carrer dans quel championnat ils évoluent. Et ça tombait bien.
Pour le premier responsable de la barre technique d’ «El-Khadra», qui a entraîné au Qatar et connaît la réalité di football dans cette région du monde, ne pas jouer en Europe n’est en rien dévalorisant. D’ailleurs, 4 de ses 11 titulaires lors de la CAN-2019 qu’il a soulevée étaient issus des Ligue du Golfe. Parmi les M’Bolhi, Bounedjah et Belaïli, il y avait Benlamri.

La CAN et la nouvelle dimension
Durant le tournoi, le défenseur a été très solide avec Aïssa Mandi. L’arrière-garde des Verts n’a craqué que deux fois en 7 rencontres. C’était face à la Côte d’Ivoire en quarts (seul but dans le jeu) et le Nigéria en demies sur penalty. Ce tournoi égyptien était un autre tournant dans la vie de Benlamri. On peut clairement penser que la consécration a augmenté son CV. Sans cela, il n’aurait pas signé chez les «Gones». Et il le sait pertinemment.
«Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé pour arriver dans un club qui a joué la demi-finale de la Champions League. Beaucoup m’ont vu jouer en Coupe d’Afrique. Je pense qu’il faut être ambitieux dans la vie. Surtout dans le foot. Et moi j’aime bien les défis. Je vais bien travailler et je dois faire mes preuves sur le terrain», c’était ses premiers mots après avoir paraphé un contrat d’une année plus une autre saison en option avec les Rhodaniens.
La concurrence sera rude. Mais celui qui a été formé par le NA Hussein-Dey n’est pas du genre à lâcher le morceau. Sinon il n’aurait
pas persévéré autant pour réaliser le rêve de jouer pour un team
européen dans un championnat d’un niveau largement au-dessus de la moyenne. Une abnégation à saluer. <