Par MILINA KOUACI
Des sit-in de protestation ont été organisés, hier, devant plusieurs directions de l’Education nationale par des enseignants, en grève cyclique de deux jours hebdomadaires depuis un mois, en réponse à l’appel du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapeste).
Une action de protestation, qui a été suivie de façon mitigée d’une wilaya à une autre, allant d’une vingtaine à près d’une centaine de participants. Les protestataires qui se sont donnés rendez-vous devant les Directions de l’Education ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient portées leurs principales revendications, notamment celle liées à l’amélioration du pouvoir d’achat. Les enseignants des trois cycles avaient aussi exprimé leur ras-le-bol vis-à-vis de la situation sociale, se plaignant de la baisse significative de leur pouvoir d’achat et appelant les autorités à une augmentation de leur salaire, afin de permettre aux enseignants de vivre dans des conditions économiques et sociales «décentes». Ils estiment que la prise en charge de la situation sociale du corps enseignant leur permettra d’accomplir «convenablement et entièrement» leur mission pédagogique.
«Un salaire en dinars et des produits en dollars», «Pas de résignation, la grève est un droit garanti», «Tout l’espoir dans la retraite anticipée et la médecine de travail», «Pouvoir d’achat et liberté syndicale», pouvait-on entre autres lire sur les pancartes brandies par les protestataires dans les wilayas de Boumerdès, Béjaïa, Oran, M’sila, Constantine et Tizi ouzou.
Les coordinateurs locaux du Cnapeste ont rappelé, devant les protestataires, les raisons de la colère et la plateforme de revendications socioprofessionnelles, en incombant la responsabilité de la situation à la tutelle qui «ne concrétise pas les revendications de son partenaire social».
Le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba, a expliqué que l’action du syndicat répond à un agenda «syndical et socioprofessionnel». Il a, en effet, rappelé que le Cnapeste a mis en exergue, en avril 2021, le caractère «intenable» de la situation sociale due à la baisse du pouvoir d’achat. Un mois plus tard, le syndicat a décidé de surseoir à toute action de protestation jusqu’à la prochaine rentrée sociale 2021/2022, dit M. Boudiba, qui participait au rassemblement tenu à Boumerdès.
Outre les conditions sociales, le porte-parole du Cnapeste a précisé que cette action est décidée à améliorer les conditions de scolarité, les programmes scolaires pour arriver à une école publique de qualité. «Nous avons eu recours à la grève, qui est un moyen garanti par la Constitution, pour la satisfaction de nos revendications et droits légitimes, rendre la considération à l’enseignant et imposer un dialogue social», ajoute M. Boudiba s’adressant aux protestataires.
Via ces rassemblements, le Cnapeste souhaite signifier à la tutelle sa «détermination» à poursuivre la contestation jusqu’à satisfaction de ses revendications, indique le syndicat qui comptabilise, depuis le début de son débrayage cyclique, le 2 novembre dernier, huit jours de grève. Une situation qui met les élèves et leurs parents, notamment ceux des classes d’examens, dans le désarroi.
Il y a lieu de rappeler que le Cnapeste demande la revalorisation des salaires et des primes, le rétablissement de la retraite anticipée, la révision de la prime de zone et la garantie des libertés syndicales.
De son côté, le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed s’est engagé à prendre en charge les problèmes et revendications exprimés par le personnel du secteur, expliquant que son département travaille «sans relâche pour surmonter les difficultés et résoudre les problèmes du secteur» conformément aux orientations du Président de la République. n