Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) devrait tenir, aujourd’hui, des assemblées générales afin d’évaluer le contenu du P-V de la réunion tenue avec la tutelle le 30 novembre dernier au siège du ministère.

PAR MILINA KOUACI
Des procès-verbaux contenant des conclusions de l’évaluation et les décisions autour du maintien ou non de la grève cyclique en cours doivent sanctionner ces assemblées. Le conseil de wilaya se réunira le lendemain, mardi, pour faire la synthèse des décisions des sections locales et dégager la proposition de la wilaya sur la question, avant de tenir un conseil national afin de décider des suites à donner à son mouvement.
Il s’agit de la deuxième rencontre de négociations entre le syndicat et la tutelle après celle du 24 octobre, dont les réponses ont été jugées «peu satisfaisantes», ce qui a conduit le syndicat à maintenir le mouvement de grève. Entre-temps, le ministère a instruit les enseignants de remettre les notes de leurs élèves sur la plateforme numérique de l’enseignant et ce, au lendemain de la fin des examens du premier trimestre dans les trois cycles. Mais le syndicat reste intransigeant. Il a appelé ses adhérents à retenir les notes et de s’abstenir de les communiquer à l’administration de l’école ou de les introduire sur la plateforme. Le Cnapeste a expliqué au corps enseignant qu’il peut corriger les copies des élèves et leur communiquer les notes obtenues, mais sans les remettre à l’administration ou les introduire dans la plateforme numérique de l’enseignant. Les enseignants sont, également, appelés à retenir les copies de l’examen après correction, mais en tolérant la participation aux conseils de classes.
Ce boycott ne sera pas sans conséquence, notamment, pour les élèves de 4e année moyenne et de 1re année secondaire. «L’administration du collège ne pourra orienter l’élève de fin de cycle moyen pour le cycle secondaire et celle du lycée ne saura sans notes et bulletins vers quel tronc commun de la 2e année orienter l’élève». Quant aux directions de l’Education, elles seront dans «l’incapacité de préparer la carte pédagogique de la prochaine année scolaire», ajoute le Cnapeste. En attendant que le conseil national du syndicat tranche le maintien ou l’arrêt du mouvement de grève déclenché le 2 novembre dernier, le Cnapeste a entamé, hier, la sixième semaine consécutive de sa grève cyclique de deux jours. Le syndicat revendique «un dialogue sérieux, garant de la stabilité du secteur et responsable de manière à prendre en charge les préoccupations soulevées par la corporation». Il exige une revalorisation des salaires et du point indiciaire pour une meilleure situation sociale. Il demande également «d’accorder une priorité au dossier du logement enseignant et de mettre en place une formule pour l’enseignant qu’il estime «privé» de son droit à un logement. Le syndicat exige l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour mettre fin à la pression exercée sur le personnel enseignant, qui dispense au quotidien un volume horaire important, l’augmentation du budget de fonctionnement des écoles pour une meilleure gestion et défend le droit des travailleurs à une retraite proportionnelle et sans condition d’âge et exige la révision des salaires, du régime indemnitaire et de la prime de zone. Concernant le cycle primaire, le Cnapeste demande au département de Abdelkahim Belabed de dispenser les enseignants des missions extra-pédagogiques qui leur sont confiées et de les laisser se consacrer à la seule mission d’enseignement. S’agissant des libertés syndicales, le Cnapeste exige de préserver l’action syndicale en appelant à la levée de toutes les restrictions, notamment les intimidations et le harcèlement dont sont victimes les syndicalistes. Il y a lieu de préciser que dans le P-V de réunion, le ministère a demandé au Cnapeste de proposer des formules de logement et s’est engagé à saisir les autorités concernées et de plaider en faveur de l’enseignant. Il s’est engagé également, à solutionner les problèmes soulevés dans le dossier des œuvres sociales et celui de la médecine du travail et de présenter le dossier du régime indemnitaire et des salaires aux hautes autorités. <