Plus rien, absolument plus rien, ne va au  CR Belouizdad. Après six matchs disputés, le team de Lâaquiba ne totalise que 2 unités. Une moisson qui lui vaut une place dans la zone rouge (16e et dernière place) due grandement à la critique situation que la formation traverse. La période d’intersaison augurait déjà de cette entame catastrophique. Une lutte d’intérêts aux affaires du club et une dette financière (estimée à 12 milliards de centimes à la fin de juillet 2018) que la direction, dirigée par Mohamed Bouhafs, aujourd’hui destituée, qui ont causé un forfait dès la première journée du championnat. Les Belouizdadis venaient d’entamer l’exercice du mauvais pied. De quoi sérieusement fausser le parcours qui a tout d’alarmant.

Auteur d’une prestation solide lundi dernier à Sétif face à l’Entente malgré la défaite (3/2), les «Rouge et Blanc» comptaient sur la réception de l’O Médéa samedi pour le compte du 6e round de la Ligue 1 Mobilis pour confirmer leur regain de forme et oublier leurs déboires. Mais il n’en fut rien pour les poulains de Tahar Chérif El-Ouazzani qui se sont inclinés (0/1), à domicile, contre des Médéens qui restaient, pourtant, sur deux revers de suite. C’est pour dire à quel point le « Chabab » va très mal. Au point de perdre, devant son public, contre un adversaire qui doutait lui aussi. Les problèmes dans l’entourage du club, la lutte pour le pouvoir et, surtout, la crise financière se sont, logiquement, répercutés sur les performances des Belcourtois.
Avant ces résultats techniques chaotiques, il y avait beaucoup de signaux qui indiquaient que les banlieusards d’Alger allaient prendre un long tunnel obscur. La preuve avec des recrues qui ne sont pas restés longtemps à l’instar de Faouzi Chaouchi qui a rejoint le CA Bordj Bou Arréridj après avoir signé chez le détenteur de la Coupe d’Algérie 2017. Aussi, pour la rencontre de samedi contre l’OM le portier Si Mohamed Cédric et le défenseur Ryad Keniche ont décidé de boycotter.

Les prémices
de la débandade
Pour commencer, il y a eu les départs précipités de deux entraîneurs à savoir Azzedine Aït Djoudi et Lyamine Bougherara qui ont choisi de ne pas poursuivre une aventure à peine entamée. Ce dernier a même indiqué qu’il lui était « impossible de travailler dans des conditions pareilles. Après m’être entendu sur tout avec les dirigeants et les moyens qui devaient être mis à ma disposition, je ne trouve absolument rien en réalité. À partir de là, je dirai que je ne peux pas accomplir ma mission.» La saison 2017-2018 venait d’être mal-amorcée avec un match perdu sur tapis vert face au promu l’AS Aïn M’lila plus une défalcation de trois points comme sanctions. Le chairman Bouhafs n’avait même pas de quoi payer les droits d’engagement pour la saison footballistique 2018-2019 ainsi que des frais d’assurance des joueurs. Il n’a, aussi, pas pu épurer la dette pour la faire passer à moins d’un milliard de centime, barre fixée par la Ligue de football professionnel (LFP) pour l’obtention des licences.
Pire encore, le CRB n’était même pas en droit d’aligner l’équipe réserve pour disputer la journée inaugurale du challenge national car les responsables n’étaient pas fichus de présenter les dossiers médicaux des espoirs. Une réelle débandade.

Un sigle «à la dérive»

Si la confiance a été retirée à Bouhafs, qui insiste, toutefois, sur le fait que sa destitution est illégale, les choses ne semblent pas aller pour le mieux. Le driver Cherif El-Ouazzani a exprimé son dépit au sortir de la partie de samedi. « Je ne vous cache pas qu’on vit très mal notre situation au CRB. La direction du club se doit de trouver les solutions adéquates dans les meilleurs délais. On ne peut aller de l’avant ainsi», s’est-plain l’ancien responsable de la barre technique de l’USM Bel-Abbès. Son adjoint Nordine Maroc était plus dramatique dans son constat : «Il faut qu’il y ait des hommes pour sauver le CRB en le sortant de son marasme actuel. On ne peut continuer sur cette voie et c’est impossible de le faire. Le club va désormais à la dérive et tout le monde le sait. Les solutions doivent être de mise, faute de quoi, cela empirera. Les joueurs manquent de tout et ont besoin d’être assistés sur tous les plans», a-t-il diagnostiqué.
Les temps sont durs pour l’historique «Chabab» au moment où les supporters espèrent qu’une entreprise nationale reprend le club. Un souhait qui tarde à être exaucé. n