C’est une consécration atypique, attribuée d’une manière une peu spéciale et dans un contexte inédit. Mais elle comptera. Le CR Belouizdad a été déclaré champion d’Algérie pour la 7e fois de son histoire hier. Une décision dictée par le vote massif qui était en faveur du couronnement du «Chabab» comme le stipulait l’option «B3» dans le formulaire de la consultation écrite. Dans une saison inachevée, le champion d’hiver s’est retrouvé au bon endroit après le gel de la compétition. Leader du classement à l’arrêt, les poulains de Frank Dumas ont été primés.
S’il y a bien une équipe qui pourrait contester la consécration «administrative» des Belouizdadis, c’est bien la JS Kabylie qui a récolté le meilleur «total points» (62) depuis le début de la deuxième moitié de la séquence 2018-2019. Presque condamnés à la relégation, les Belcourtois avaient réussi à redresser la barre en engrangeant 28 unités sur 45 possibles de la phase «retour».
Solide depuis la phase «retour» 2018-2019
Dans ce registre, personne n’a fait mieux. Pour preuve : les «Canaris», vice-champions d’Algérie derrière l’USM Alger, n’en ont pris que 26. Sur la seconde partie de la défunte saison, aucun team n’a été plus performant que les «Rouge et Blanc».
Pour cette cuvée 2019-2020, les «Lions du Djurdjura» (4es, 36 points) étaient dans le coup pour brandir le Bouclier de Champion. Au même titre que l’ES Sétif (2e, 37 points) et le MC Alger (3e, 37 points). A noter que les Chababistes et les Mouloudéens comptent 1 match retard chacun. Donc, 3 points potentiels à prendre. Ainsi, le Mouloudia, par le biais de son actuel président Abdenacer Almas, avait estimé que «ce serait inconcevable d’offrir le titre à un club aux dépens d’un autre, alors qu’il reste huit journées à disputer, et le Mouloudia compte un match en moins.»

Le «Doyen» dauphin au meilleur des cas
En effet, les «Vert et Rouge» avaient un match en joker par rapport au calendrier au même titre que le CRB qui, lui aussi, n’avait disputé que 21 rencontres. En outre, en comptabilisant les points cumulés depuis le 4 janvier 2019 par les teams qui occupaient les 4 premières places de la Ligue 1 Mobilis, le «Doyen» a compilé 59 points contre 68 pour les gars de Laâquiba.
Pour leur part, les Sétifiens en avaient pris 57 et 62 pour la JSK. C’est pour dire que, dans tous les cas, les Mouloudéens seraient resté virtuellement et numériquement 3es. Mieux encore, si l’on fait des projections mathématiques en considérant la moyenne de points pris à domicile et à l’extérieur cette saison. Les coéquipiers de Hachoud avaient 9 tests restants. Quand ils reçoivent, ils prennent 1.80 point en moyenne contre 1.73 point en déplacement. Quand on multiplie 1.80 par 5 (matchs restants at home) et 1.73 par 4 (matchs à jouer loin des bases), les poulains de Nabil Neghiz auront 74.92.

Les maths implacables
Avec la même opération pour les Sétfiens et les Tizi-Ouzééens, on obtiendrait 72.44 points et 75.08 points dans ce sens. Ainsi, en considérant ces chiffres, le CRB serait resté leader (86.08 points) et son vrai-dauphin serait, niveau constance de résultat sur 37 rencontres, autre que la JSK. C’est 7 matchs de plus qu’une saison normale qui en compte 30. Et même si l’on transposait ce calcul pour l’édition actuelle seulement, le Chabab finirait champion avec une moyenne de 58.08 points suivi du MC Alger (52.92 points) puis l’ES Sétif (50.44 points) et la JS Kabylie (49.08).
A partir de là, penser qu’ «offrir le titre à l’actuel leader serait une vraie injustice», comme l’avait indiqué Almas, serait arithmétiquement infondé. Au mérite sportif, décorer le «Chabab» est tout sauf scandaleux. Même s’il restait 8 journées à disputer et dans lesquelles tout pouvait arriver. Mais la cadence et la démarche ferme d’Amir Saâyoud & cie vers le sacre ne sont pas à remettre en considération. n