Chaque saison, le Paradou AC arrive à transférer des joueurs vers les élites en Europe au moment où d’autres clubs algériens n’hésitent pas à faire venir des binationaux des divisions inférieures et leur offrir des salaires faramineux. Les trajectoires sont parallèles, mais inversées. Le management de la formation de Hydra reste une référence en Algérie. Un exemple à suivre et jusque-là inimitable.

Après Zorgane et Kadri (KV Courtrai) qui ont rallié la Belgique au mercato estival écoulé, c’est au tour de Nadhir Benbouali, buteur de la Ligue 1 (14 réalisations), de s’engager avec une formation de la Jupiler League (D1 belge). Il rejoint Zorgane, prolongé récemment, à Charleroi après avoir tout conclu avec la direction.
Et là, il est important de relever que le transit belge reste un circuit préférentiel pour les dirigeants «pacistes» qui y trouvent leur compte financièrement en plus de garantir aux anciens pensionnaires une progression footballistique en douceur sans brûler les étapes.

Bensebaïni et Atal avait tâté le terrain

Ce mode d’emploi avait clairement porté ses fruits avec Bensebaïni et Atal. En effet, ce tandem n’a découvert le championnat français qu’en partance de la Jupiler League. Leurs destinations ont été Montpellier HSC puis le Stade Rennais (2 millions d’euros) pour le premier nommé. Quant au second nommé, il a rallié l’OGC Nice (3 millions d’euros). A partir de là, on peut penser que les Académiciens pourront monnayer leur talent en Belgique avant de découvrir de nouveaux horizons.
Et il est à noter que le Paradou AC fait une plus-value sur les ventes comme un prolongement de cette opération. Clairement, le produit du PAC semble avoir une bonne cote du côté de la Belgique qui fait confiance au produit. C’est pour cela que les joueurs qui ont une licence accordée par la direction de Kheireddine Zetchi partent avec un avantage certain d’être sous la loupe des différents réseaux de scoutisme. Sinon, Farid El Melali ne se serait pas retrouvé directement au SCO d’Angers.

Titraoui et Boulbina, prochaines transactions

Aussi, faire une escale au pays des «Diables Rouges» semble être un chemin idéal pour quitter l’enfer et le marasme footballistique algérien. Le tout en ayant une certaine garantie de ne pas se perdre sur la route. C’est ce qui est malheureusement arrivé pour les Zakaria Naïdji et Tayeb Meziani qui n’ont pas pu percer en Europe. Naïdji n’a pas vu Gil Vicente (première division portugaise) lever son option d’achat. C’était aussi le cas de Meziani avec Le Havre AC en 2017. Dans l’ordre, l’avant-centre et l’ailier évoluent aujourd’hui à l’USM Alger et l’ES Sahel (Tunisie). C’est pour éviter que les carrières de ses pépites prennent ces tournures pas très réjouissantes que les dirigeants du PAC mettent désormais des options d’achat obligatoires pour les clubs preneurs. Cela devrait être le cas pour Titraoui et Boulbina annoncés en Belgique et Portugal dans l’ordre.
En plus de promouvoir le label algérien avec un certificat de qualité désormais avérée, la formation de la banlieue d’Alger cherche à protéger le produit de son académie. Cela en dit long sur le souci d’entretenir l’image de marque dans un monde de transferts où il est peut-être facile de faire de l’argent mais plus difficile de se bâtir une crédible réputation. Un pari que le Paradou a réussi. Une lueur dans une balle ronde Dz baignant dans l’obscurité de l’amateurisme.