En décrochant le sacre à l’issue de la défunte édition du championnat, l’USM Alger rêvait de conquérir l’Afrique. Mais cela s’annonçait déjà délicat sachant les démêlées judiciaires qu’a connues Ali Haddad, le propriétaire du club. Ce dernier a été emprisonné pour délinquance fiscale constatée dans la gestion de l’entreprise ETRHB, actionnaire majoritaire du club.
Un épisode obscur duquel les « Rouge et Noir » ne s’en sont, jusque-là, pas remis.

Les craintes étaient là dès la préparation et l’intersaison. Puis, elles se sont confirmées au fil des jours de l’exercice en cours. Après avoir rallié la phase de groupes en Ligue des Champions, les Usmistes se sont écroulés. Littéralement. Pour preuve, ils n’ont pas pu décroché le moindre succès dans ce tour de compétition. Et c’était déjà alarmant. Édifiant et révélateur du doute qui range le sigle d’Alger depuis un long moment. Ne restent donc que le championnat et la Coupe d’Algérie pour sauver ce qui reste d’une fragile ambition plombée par des finances rougeoyantes. Le bouclier de champion, les « Rouge et Noir » étrennent péniblement et essayent de garder jalousement. Presque désespérément. Bilel Dziri, entraîneur en chef, essaie de motiver ses troupes. Et on constate, par nombreux moments, qu’il le fait vainement. Mardi, l’ « Ittihad » avait un périlleux déplacement. C’était du côté des Hauts-Plateaux où l’ES Sétif l’attendait pour une vive explication. Et les Algérois ont chuté. Lourdement. Trois buts de pris chez l’Entente qui a, pour sa part, confirmé sa belle forme avec une 6e victoires de suite (3/1).

Surcharge et perméabilité
Pour le coach, le calendrier chargé auquel a été soumise son équipe y est pour beaucoup dans les dernières contre-performances : « quand je parlais de la programmation, je savais ce que je disais. Et cette défaite, sans vouloir la justifier, en est une conséquence », a-t-il lâché après cette déroute en notant que « tout ce que nous avons à faire, c’est d’oublier cette défaite, car nous avons un match à préparer samedi contre le CSC, et à huis clos. » Cela fait quatre rencontres que les coéquipiers d’Abdelkrim Zouari, auteur de l’unique réalisations avant-hier, n’ont plus goûté à la victoire. Niveau agenda, ils ont eu huit sorties en l’espace d’un mois soit une moyenne d’une rencontre tous les 4 jours. Normalement, pour un professionnel, c’est une densité moyenne. Mais dans un football circus algérien de bricolage, les organismes lâchent. Cela se voit sur le rendement. Pour ce qui est des statistiques, il y a une qui est extrêmement alarmante. Elle concerne la défense usmiste. L’arrière-garde a craqué à huit reprises lors des 3 derniers tests. Une perméabilité à laquelle il faudra remédier pour la suite de l’aventure dans le challenge national et en Coupe d’Algérie. Appelés à affronter le CS Constantine dans deux jours, les champions d’Algérie sortants devront être plus compacts derrière sachant que les « Sanafir » font partie des 5 teams ayant dépassé la barre de 20 réalisations (21) depuis le début de la séquence en cours. Sans le soutien de leur public (huis clos oblige), Zemmamouche & cie risquent de voir le mur de soutènement se fissurer un peu plus.