L’histoire entre la Ligue Europa et le FC Séville paraît spéciale. Vendredi, en finale du 2e tournoi interclubs du Vieux-Continent, les Espagnols ont battu l’Inter Milan (3-2) pour s’adjuger leur 6e sacre en C3 sur les 6 fois où ils avaient atteint la dernière étape. Un exploit remarquable pour les Andalous qui ont redonné du crédit au football ibérique quelque peu à la peine cette année sur le plan européen.

Le Real Madrid et le FC Barcelone sont les deux géants en Espagne. Mais ce n’est pas leurs parcours en Ligue des Champions qui ont prouvé que la Liga reste un championnat de niveau et de référence. Oubliez la Catalogne et la capitale, c’est un club d’Andalousie qui aura a pu conquérir un titre continental en s’offrant sa 6e consécration en Europa League.
D’abord, il y a eu le doublé en 2006 et 2007 puis le triplé 2014, 2015 et 2016 ainsi que la Supercoupe UEFA en 2006. Un palmarès pour le moins prestigieux pour un team qui reste une valeur sûre sur le plan continental. Sans susciter un boucan médiatique énorme. Que les « Blanquirrojos » fassent la loi en C3, c’est devenu comme une norme. Une finalité inévitable une fois qu’ils atteignent le dernier carré.

Navas, un homme et un hommage
Cette année, les coéquipiers d’Ever Banega, qui a disputé son dernier match avec les Sévillans avant de rejoindre l’Arabie saoudite et Al-Shabab, ont brillé en championnat terminant à la 4e place. Cela leur a offert une place en Champions League avant même de triompher dans la deuxième épreuve UEFA. En 2006, Jesus Navas, capitaine d’équipe, était là pour le premier coup d’éclat en Europe.
Quatorze ans après, il se trouvait sur la pelouse lors du succès contre les protégés d’Antonio Conte : « C’est le jour le plus spécial, pour le fait de pouvoir soulever cette coupe comme capitaine, avec mon club de Séville. C’est pour tous ceux qui ne sont plus là, pour Antonio Puerta, pour Reyes, pour mon parrain qui est décédé. Nous sommes tous capitaines ici.»

Les architectes Lopetegui et Monchi
Son entraîneur, Julen Lopetegui, a aussi connu un destin particulier. Licencié, pour avoir signé un contrat préalable avec le Real Madrid, par la Fédération espagnole de football à deux jours du début de la Coupe du Monde 2018 en Russie puis remercié par la direction Madrilène au bout de 4 mois, il a pu soigner sa cote en coachant les « Rouge et Blanc ». En larmes au coup de sifflet final, l’ancien coach du FC Porto a reconnu ressentir « une grande émotion. Nous avons travaillé très dur pour ça. On s’impose contre une équipe fantastique de l’Inter. On a tout donné, on se crée des situations. Et cela fait trois mois qu’on travaille pour ce tournoi.

Aujourd’hui c’est une consécration.»
Cette constance affichée par les « Nervionenses » a été rendue possible par un autre homme: le Directeur sportif Ramón Rodríguez Verdejo, dit Monchi. Le travail de ce dernier est très remarquable en matière de management. C’est en grande partie grâce à lui que les « Palanganas » ont pu forger cette réputation d’épouvantail en C3. Il reste désormais à franchir un nouveau cap en passant les quarts de la Champions League qui ressemblent à un plafond de verre pour Lucas Ocampos et ses camarades. Et ils essayeront de le briser dès l’édition prochaine.