Douze, c’est le nombre de matchs que l’entraîneur Thierry Froger a dirigés sur le banc de l’USM Alger avant d’être limogé dimanche. Le bilan était de 6 victoires, 5 défaites et 1 nul. Insuffisant pour pouvoir rester en poste et construire le fameux projet de jeu pour lequel il assurait être venu. De leur côté, en procédant à un troisième changement sur le banc usmiste, les dirigeants du club ne donnent pas l’impression de partir sur les standards « longtermistes ».

« L’objectif est d’avoir un projet de jeu, une qualité de jeu. Construire un renouveau dans la durée, ce sera nécessaire pour pérenniser un club dans le haut niveau. Il faut aussi faire progresser les joueurs, qu’on dit de nous en toute humilité : voilà l’USMA, voilà comment joue cette équipe. Les résultats vont certainement suivre après. On doit d’abord se concentrer sur le contenu des matchs», c’était les mots et le souhait de Froger pour son retour aux commandes de la barre techniques des « Rouge et Noir » en décembre écoulé.

L’AS Aïn M’lila et le grain de sable
Auparavant, il avait fait un passage entre le 1er juillet 2018 et le 15 mars 2019 lors de la saison du sacre de l’ « Ittihad » en championnat même s’il a été empêché d’aller au bout de l’aventure dès que l’équipe avait commencé à lâcher du lest. Pour son comeback, le technicien français semblait plein d’ambitions pour sa nouvelle mission. D’autant plus que l’Etat-Major des « gars de Soustara » voyait en lui l’homme de la situation.
C’est ce qu’on a cru à un certain moment quand les coéquipiers de Hamza Koudri avaient enchaîné 5 victoires de rang en Ligue 1 parmi lesquelles celles contre la JS Kabylie (1-2) en déplacement et le MC Oran à domicile (2-0). On pensait donc que les Usmistes étaient définitivement lancé et que l’entame désastreuse de la saison n’était qu’un lointain souvenir. Sauf que les Unionistes étaient retombés dans leurs travers à compter de la réception de l’AS Aïn M’lila qui leur a infligé un revers 1 but à 0. C’était le grain de sable dans la machine et Froger ne parviendra à décrocher qu’un seul succès sur les 5 derniers tests.

Les explications puis la séparation
Les prémices du divorce ont ressurgi avec la déclaration d’Achour Djelloul, PDG de Serport, actionnaire majoritaire de la SSPA/USMA. « Ce n’est pas normal qu’une belle série de résultats s’arrête subitement, il y a des raisons derrière ça, et on aimerait bien les connaître. C’est pour cette raison qu’on a demandé des explications à l’entraîneur Thierry Froger, car on ne peut rester indifférent par rapport à une telle situation », avait déclaré Djelloul après la défaite contre l’US Biskra en déplacement.
Le sursaut contre le NC Magra (3-0) à Bologhine n’a offert qu’un petit répit au Français qui sautera à l’issue d’une nouvelle contre performance face au Paradou AC (défaite 2-1). Au final, il aura tenu plus que son
compatriote François Ciccolini qui n’avait dirigé qu’une seule sortie en Supercoupe contre le CR Belouizdad avant de voir son contrat rompu. Ce management brutal reste intriguant car n’obéissant à aucune cohérence avec la mise en place d’un réel projet sportif. Quant à la succession de Froger, deux noms avaient circulé hier. Il s’agit de Meziane Ighil et Nabil Neghiz. Finalement, le choix s’est porté sur Mounir Zeghdoud, ancien joueur du club qui avait assuré l’intérim lors de la saison écoulée.