Entre les deux cahiers des charges relatifs au secteur automobile qui viennent d’être publiés dans le Journal officiel, celui consacré à l’importation de véhicules neufs est sans doute celui qui intéresse le plus le citoyen. Après plusieurs mois de pénurie provoquée par la fermeture des quelques usines d’assemblage dont s’approvisionnait le marché algérien ces dernières années, le client s’attend à un retour du véhicule neuf qui serait plus rapide à opérer par le voie des concessionnaires que par celle d’une industrie mécanique qui risque d’attendre, voire de ne jamais se réaliser dans les conditions mises en place désormais par les pouvoirs publics.
Toutefois, nombreux parmi les concessionnaires qui avaient vite manifesté leur désir de renouer avec leur activité, après l’annonce de leur réhabilitation par la loi de Finances complémentaires, seraient en train de ronger leur frein, et même d’abandonner cette piste, considérant que le nouveau texte régissant leur activité est lourdement contraignant et que le parcours de combattant qui les interpelle ne mériterait pas l’aventure.
D’autres acteurs de la corporation n’ont, quant à eux, pas attendu la publication sur le JO du texte venu officialiser le décret portant importation des véhicules neufs pour réviser à la baisse leur enchantement initial, sous l’effet de mesures qui ne font pas leurs affaires.
Dans plusieurs aveux à la presse frappés du sceau de l’anonymat, ces derniers passent au crible le cahier des charges et remettent en cause pratiquement toute la substance que dégagent ces mesures fixant les nouvelles conditions d’exercice du métier de concessionnaire. Celles-ci s’inscrivent explicitement dans une logique de rupture avec le passé qui avait vu un marché algérien de l’automobile exploser en un temps record parce que, dans le cas de nombreux concessionnaires et autres importateurs, le boom s’était réalisé au détriment des règles commerciales que les marques représentées pourtant scrupuleusement dans leur pays d’origine et dans d’autres pays.
Derrière ces volumes de ventes qui ne s’arrêtaient plus de battre des records d’année en année, hissant rapidement l’Algérie au second rang des marchés automobiles africains, après l’Afrique du Sud, nombreux étaient les clients qui comptaient sans trêve les dépassements de leurs prestataires de service, représentant pourtant des labels mondiaux en matière de vente et de service après-vente.
C’est, entre autres, à ce type de pratiques que le nouveau cahier des charges veut fermer la porte. En réhabilitant le client.