Le discours rapporté peut causer des malaises. C’est ce qui s’est passé avec ceux de Djamel Belmadi concernant Riyad Mahrez. Le sélectionneur de l’Algérie a porté un jugement sur la situation de son capitaine à Manchester City. Un «Mahrez ne doit pas être satisfait de sa situation à Manchester, car il ne joue pas souvent, or c’est un compétiteur qui veut jouer toutes les rencontres de son équipe» a été travesti en «Mahrez n’est pas content à City» et le Citizen s’est retrouvé obligé d’éclairer la maladresse journalistique algérienne aux médias anglais.

A vrai dire, le message principal qu’il fallait retenir de la déclaration, faite à la Télévision algérienne, de Belmadi n’était pas l’analyse sentimentale du ressenti de Mahrez avec les «Skybles». C’était plutôt le fait que le driver des «Fennecs» lui ait témoigné sa confiance sans faille pour convaincre Pep Guardiola de son indispensabilité dans le onze.

Insatisfaction n’est pas malheur
Belmadi a précisé : «Je ne peux pas lui demander de quitter son club pour avoir un temps de jeu conséquent dans une autre équipe, je ne suis pas son manager. Mais le plus important, c’est qu’il maintienne sa forme et soit prêt pour les prochaines échéances de l’équipe nationale» en assurant que «Mahrez est notre capitane, je comprends les craintes des supporters, mais à mon avis, il a les qualités pour rebondir à nouveau, je lui fais confiance.»
Cependant, il se trouve que certains médias maladroits(ou malintentionnés) ont préféré s’attarder sur la première partie de la déclaration. En effet, le chef de la barre technique de l’EN, ayant été un footballeur de haut niveau par le passé, a voulu expliquer que le bonheur d’un footballeur était de jouer le plus possible. Vraisemblablement, il voulait dire que «Mahrez ne doit pas être satisfait de sa situation à Manchester, car il ne joue pas souvent, or c’est un compétiteur qui veut jouer toutes les rencontres de son équipe.» Mais l’insatisfaction n’est pas forcément un malheur.

Temps de passages quasi-identiques
Concrètement et à la lumière des statistiques de la saison dernière comparée à celle en cours, on remarquera qu’il a les mêmes temps de passages pour ce qui est des minutes passées sur les terrains. A la même période lors de la séquence 2019-2020, Mahrez avait fait un total de 31 apparitions compilant 1873 minutes de jeu toutes compétitions réunies pour 8 buts et 11 passes décisives. Quant à l’exercice en cours, le natif de Sarcelles (Paris/France) a été aligné à 25 reprises (20 titularisations et 5 fois remplaçant) totalisant 1729 minutes sur les pelouses dans les différentes épreuves pour une copie de 6 réalisations et… 3 offrandes. On est dans les mêmes eaux temporelles. Toutefois, c’est la productivité qui a baissé d’une manière très significative avec 2 pions et 8 «assists» en moins.
C’est cet aspect qui inquiète le plus parce que marquer et délivrer des «passes D» fait aussi beaucoup de bien au moral. C’est ce que Mahrez est appelé à soigner afin de ne pas donner l’air d’être «unhappy» (pas content) pour reprendre la langue de Shakespeare. Pour le concerné, c’est une fausse impression puisqu’il a assuré que les mots de Belmadi ont été mal-interprétés. D’ailleurs, hier soir, il a rejoué, à l’heure où nous mettions sous presse, contre Burnley, une de ses victimes préférées, après avoir été laissé sur le banc lors de la précédente journée de Premier League face à Sheffield.