La tenue des Jeux Méditerranéens 2022 d’Oran (25 juin – 05 juillet) serait menacée si l’on croit les derniers échos provenant du Comité international des Jeux méditerranéens (CIJM). En effet, le Français Bernard Amsalem, élu 2e vice-président de l’instance il y a à peine un mois, a eu une analyse défavorable concernant la préparation de la ville de l’Ouest du pays. Une attitude qui serait, tout de même, sujette à certains doutes.

Par Mohamed Touileb
L’Etat algérien a décidé de mettre le paquet pour que le rendez-vous phare du bassin de la Méditerranée soit une totale réussite. Cependant, malgré ces gros moyens, Abderrezak Sebgag a fait, en septembre dernier, part de son inquiétude quant à l’avancement des travaux sur les différents sites dédiés à cet évènement. « Honnêtement, j’ai des appréhensions quant à un éventuel retard dans l’achèvement de la réalisation des infrastructures sportives dédiées aux jeux méditerranéens et à leur livraison dans les délais fixés et ce, en raison du temps serré avec l’approche du rendez-vous des jeux », estimait le successeur de Sid-Ali Khaldi.

Certitudes de Sebgag et menace du CIJM
Néanmoins, il a voulu se montrer rassurant en indiquant qu’« il ne sera, certainement, pas question d’un retrait de l’organisation des jeux, car si nous accélérons la cadence des travaux, nous serons prêts ». Pour le premier responsable du sport en Algérie : « globalement, les infrastructures connaissent un avancement dans le taux des travaux au niveau du complexe olympique d’Oran.
La problématique demeure au niveau du centre nautique qui est en retard, en raison d’obstacles d’ordre technique avec une société italienne et d’autres d’ordre financier avec la société réalisatrice chinoise ». Le constat a été confirmé par le CIJM. « Dans son rapport régulier, le président du Comité de coordination des Jeux méditerranéens «Oran 2022» et 2e vice-président du CIJM, M. Bernard Amsalem, a analysé la situation actuelle et a fait part de sa préoccupation et de son inquiétude face aux retards de construction des infrastructures, d’achèvement des appels d’offres, de mise en place de programmes de technologie et de transports.
Au cours de la réunion, la communication prévue avec le directeur général du Comité d’organisation Salim Ilès n’a pas été possible, de sorte qu’il n’a pas été possible de répondre aux questions que le CIJM souhaitait poser au Comité d’organisation », peut-on lire dans un communiqué de l’instance.

Le retrait est envisagé
Par contre, les assurances de Sebgag quant au maintien de la 19e édition à El-Bahia sont confrontées à la menace de retrait évoquée à demi-mots par la structure sportive. « Nous respectons le peuple algérien et ses efforts, nous respectons le gouvernement du pays pour les grandes dépenses qui ont été faites pour la construction des projets, mais nous devons préserver le prestige des Jeux méditerranéens. Nous voulons tous que les Jeux aient lieu à Oran, nous aiderons par tous les moyens à les organiser, mais nous ne pouvons pas mettre en danger le plus grand événement sportif de la Méditerranée », précise le CIJM.
En tout cas, dans les jours à venir, le sort des joutes sera décidé. D’abord, il y aura une téléconférence entre la Commission de Coordination et le Comité d’Organisation. Une réunion virtuelle fixée pour demain. Dans la foulée, entre le 10 et le 12 décembre, le nouveau président du CIJM, David Tizzano, devrait se rendre en Algérie pour rencontrer les responsables afin de prendre une mesure définitive.