Il faudra bien se mettre d’accord, un jour, sur l’existence ou pas d’une véritable sphère politique en Algérie. L’occasion en a été donnée par la mouture de l’avant-projet de la loi électorale, élaboré par la commission Laraba, qui suscite des mini-polémiques, alors qu’elle devrait avoir un impact global.
Pourtant, la situation du pays ne permet pas de tergiverser sur les priorités. L’une de ses dernières, et il est indéniablement nécessaire de le mentionner et de le rappeler, est l’urgence d’écarter tous ceux qui se présentent en tant qu’élus, qu’ils soient au niveau des collectivités locales ou celui de l’Assemblée populaire nationale (APN). Ils font partie d’une autre ère, d’un autre monde, celui d’avant-le 22 février 2019. Le Hirak, dès sa naissance, a signé l’acte de décès des compositions des APC et de l’APN, et personne, même les concernés eux-mêmes, ne peuvent nier cette réalité.
Près de deux ans après, ils sont encore là ! Ils perçoivent toujours leurs rémunérations, alors qu’ils sont quasiment inexistants sur la scène politique, si ce n’est pour aborder des sujets futiles, ou encore hurler un peu, mais toujours sans impact. Les scandales dévoilés (que tout le monde soupçonnait au moins) lors des procès de l’ex-secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, ou encore celui de l’ex-député de Annaba, Baha Eddine Tliba, resteront un grosse tâche de déshonneur pour la 8e législature, celle de 2017. Evidemment, celles d’avant étaient loin d’être propres, mais l’actuelle, toujours en cours, est trop éclaboussée, preuves à l’appui, pour qu’elle puisse se permettre de ternir encore plus les institutions de l’Etat.
De nouvelles élections législatives, et également locales, s’imposent, pour espérer sortir le pays du marasme actuel. Ceux qui demandent depuis des lustres de dissoudre certains partis politiques ont la voie des élections pour les effacer par les urnes. Ceux qui ne cessent de critiquer les responsables locaux ont les urnes pour se présenter ou présenter des candidats de leurs choix.
L’anticipation des joutes électorales est d’autant impérative que ce sera l’occasion de réaliser une opération de tamisage des membres de ce qui est appelé «classe politique ». L’ère des quotas est bien révolue et il faut le concrétiser sur le terrain. Que les partis politiques, qui ne survivent que par leur présence dans les médias, rouvrent les yeux pour revenir à la source de leur existence, être les porte-voix des citoyens.