PAR NAZIM B.
Le Président de la République a évoqué, dimanche soir, l’échéance des élections législatives anticipées du 12 juin, qui a fait bouger les états-majors des formations politiques, ces dernières semaines, avec les annonces de la participation de certaines et de boycott pour d’autres.
Autrement dit, le décor électoral tend à s’installer et le paysage politique s’anime davantage. Il y a, en effet, les partisans de la participation, d’un côté, qui multiplient les sorties sur le terrain pour défendre leur option et, de l’autre, ceux qui ont choisi de tourner le dos à cette consultation et qui continuent d’expliquer les motivations de leur option.
C’est dans ce contexte d’animation politique autour des législatives, que M. Tebboune est revenu, une nouvelle fois, sur ce rendez-vous qui s’inscrit dans sa feuille de route qui inclut le renouvellement des Assemblées élues avec un pari sur l’émergence d’une nouvelle classe politique.
Les propos du chef de l’Etat à ce sujet peuvent être lus comme un signe de sérénité qui bat en brèche les appréhensions émises par certains endroits notamment s’agissant du spectre de la désaffection populaire, notamment au vu de la défection entérinée par l’ensemble des partis du courant démocratique. Surtout depuis la décision, samedi, du Front des forces socialistes (FFS) de ne pas participer à ce scrutin, emboîtant ainsi le pas au RCD et au PT et préfigurant une tendance au boycott dans les wilayas de la Kabylie, où le parti compte un ancrage.
Pour le chef de l’Etat, dont ce sera la seconde consultation après le référendum portant révision de la Constitution, le souci est davantage la transparence et la régularité du scrutin que le taux de participation.
Tout en annonçant un gage de transparence, en déclarant que « l’ère des quotas est révolue », M. Tebboune a insisté sur l’exigence de transparence à l’occasion de ce scrutin, qui se déroulera également au moment où la rue continue d’exprimer son opposition à la voie des urnes.
« Quel que soit le taux de participation aux élections, nous exigeons qu’elles soient intègres, transparentes et fassent ressortir celui qui mérite la confiance du peuple », a ainsi déclaré le président Tebboune lors de son entrevue avec deux représentants de la presse nationale. « Nous espérons que le peuple algérien prenne conscience que nous sommes en passe de bâtir une Algérie nouvelle, dont il est le socle de par ses choix », a soutenu le chef de l’Etat, qui a formé le vœu, par la même occasion, de voir un taux de participation « élevé » le situant « entre 40 et 50%, à l’image de ceux enregistrés à l’échelle mondiale », a-t-il dit.
Interrogé sur la base des appréhensions de certaines formations politiques, qui évoquent des velléités de fraude électorale, le Président a soutenu que « tout le monde est sur un pied d’égalité », ajoutant que « l’ère des quotas est révolue ».
Le chef de l’Etat s’est montré « satisfait » concernant les préparatifs des élections, citant l’opération de retrait des formulaires de candidature faisant part des « chiffres enregistrés jusque-là qui dépassent nos attentes ». En réponse à une question sur la jonction entre le rôle de la société civile et les partis politiques, à la veille des législative, et son impact sur la composante de la prochaine APN, M. Tebboune a affirmé que « la composante sera à la mesure de la scène politique », récusant la thèse « d’une quelconque volonté d’intervention de sa part à ce sujet ». Et de dire : « Si nous voulions une Assemblée sur mesure, nous aurions misé sur un parti donné. »
S’agissant des scénarios possibles à l’issue de ce scrutin et son impact sur la nomination de l’Exécutif, à la lumière des dispositions contenues dans la Constitution, le président Tebboune a fait part de deux probabilités. « Soit une majorité qui approuve le programme présidentiel, et partant, un Premier ministre sera désigné, soit une majorité de l’opposition, et un chef du Gouvernement sera proposé », a-t-il souligné. Il a plaidé, dans ce sens, l’importance d’adopter « un autre mode de gestion du pays à travers l’injection de sang nouveau dans l’Etat », estimant que « la jeunesse est la force salvatrice de toute patrie ».
Relevant dans le même ordre d’idées que « la société civile crée l’équilibre avec la société politique », M. Tebboune a soutenu : « Quand la société civile est vivante et positive, elle constitue un bouclier pour le pays. » Une lecture à laquelle n’adhère pas Makri du MSP, qui ne cesse de crier à une « volonté d’obstruer les partis politiques à travers des entités issues de la société civile ».
Par ailleurs, il faut noter que les préparatifs du scrutin de juin ont été évoqués lors du Conseil des ministres tenu dimanche, lors duquel le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a présenté un exposé sur les différentes étapes franchies. Le Président a souligné à cette occasion « la nécessité de poursuivre l’action et la coordination pour mettre tous les moyens matériels à la disposition de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) afin de lui permettre de s’acquitter pleinement de ses missions » et de « lutter contre les pratiques du passé visant à entraver la participation des différents acteurs, particulièrement les jeunes, dans le processus électoral ». n