Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a indiqué, dimanche, que la future Constitution qu’il veut «consensuelle» est une condition sine qua non pour la mise en œuvre du changement structurel «du nouvel Etat» en rupture avec les pratiques de pouvoir durant plusieurs décennies.
Une façon au premier magistrat du pays de mettre de nouveau en évidence le rôle qu’il accorde au projet de la révision constitutionnelle en cours, sur lequel il compte bâtir les réformes relatives au fonctionnement de l’Etat et à l’exercice du pouvoir dans ses différentes strates.
«Le changement structurel du nouvel Etat passe par une nouvelle Constitution qui tire les enseignements de toutes les précédentes pour être consensuelle et pérenne», a déclaré M. Tebboune lors de son entrevue avec des représentants de médias nationaux.
Dans son argumentaire, le président de la République a indiqué que «c’est sur la nouvelle Constitution que reposeront les instances élues et non élues et les institutions nationales et que c’est à sa faveur que nous parviendrons à des lois qui garantiront la moralisation de la vie politique et économique».
Il faut noter que le chantier de la révision constitutionnelle aborde une phase essentielle, celle de l’enregistrement par le Comité Laraba, des propositions formulées par l’ensemble de la classe politique, du mouvement associatif et syndical, de la communauté universitaire…
Dans une précédente déclaration à ce sujet, M. Tebboune avait souligné que le référendum populaire sur la loi fondamentale aura lieu à la rentrée sociale, relevant que ce rendez-vous, initialement programmé pour le mois juin écoulé, a dû être reporté à cause de la pandémie du coronavirus. «Je pense que si la pandémie du coronavirus s’atténue, on peut aller vers un référendum à la rentrée sociale, soit vers septembre ou octobre», a-t-il annoncé, tout en notant que les discussions sur la Constitution «sont accélérées» avec la réception de 2 000 propositions soumises au Comité d’experts sur la révision de la Constitution. Avant-hier, et en réponse aux interrogations des journalistes, il a mis en avant l’impératif de «rétablir la cohésion entre les Algériens», estimant que l’Algérie «s’est retrouvée après les crises et la situation qu’elle a eues à traverser dans un vide, non seulement en termes de responsabilité, mais, également, de gestion, ce qui a conduit le peuple dans des labyrinthes qui lui ont fait perdre sa cohésion». Il a mis en exergue, à ce propos, la nécessité de parvenir à ce qu’il a qualifié de «rupture définitive entre le passé et le présent» en vue, dira-t-il, de «construire un avenir qui soit le prolongement du présent». «L’objectif de l’Algérie Nouvelle est le salut de la patrie, qui est un devoir national et un droit pour tous les Algériens», a-t-il affirmé. Ajoutant que «tout un chacun est le bienvenu pour contribuer à sortir de la situation que vit le pays et mettre fin à la mentalité de l’exclusion pour la simple raison d’un changement dans les postes de responsabilité». Pour le président Tebboune, il ne fait point de doute que l’Algérie «possède des compétences à tous les niveaux», réaffirmant par la même occasion l’impératif de «renforcer la cohésion des Algériens pour construire notre pays dont nous n’avons pas un autre».
M. Tebboune a évoqué, également, dans ses réponses aux questions des journalistes, le mouvement populaire né le 22 février 2019, estimant que «le véritable message de ce mouvement est un changement dans le mode de gestion du pays», précisant que «les accumulations de plus de 20 années impliquent des changements radicaux qui ne peuvent être opérés du jour au lendemain».
Autrement dit, si le président Tebboune n’occulte pas la demande de changement exprimée par les Algériens, il n’en sollicite pas moins leur patience pour «pouvoir asseoir un autre mode de gestion des affaires de l’Etat». Il a soutenu à ce propos que «la bonne foi et la volonté sincère existent pour concrétiser cet objectif en dépit des répercussions de la crise du nouveau coronavirus». <