La visite du chef de l’Etat au siège du ministère de la Défense nationale (MDN) est l’évènement politique phare de la semaine, hier samedi, et des jours à venir. Elle peut être d’ores et déjà considérée comme le point d’orgue de la campagne référendaire qui ne prendra pourtant fin qu’au 28 octobre prochain.

La raison est que, au-delà de toute mobilisation à laquelle on pourrait assister sur un terrain qui n’a pas semblé très animé depuis le 7 octobre dernier, date du coup d’envoi de l’opération de sensibilisation au référendum, la visite en question et les déclarations qui l’ont marquée ont fait passer un message capital : entre la présidence de la République et le commandement de l’institution militaire, les deux grands piliers du système politique algérien, il y a un accord net et indiscutable sur l’importance de la révision de la Loi fondamentale.
Entre les deux parties, il y a également entente sur le choix du 1er novembre, a-t-on cru comprendre ; une date qui aurait suscité des interrogations quant à la pertinence d’organiser une consultation à caractère politique le jour d’un anniversaire historique et patrimonial fondamental pour les Algériens. Dans son allocution, le chef de l’Etat a semblé répondre à ces interrogations par l’offensive. M. Tebboune a ainsi taclé «certaines parties » que la constitutionnalisation de la Déclaration du 1er Novembre et de la société civile « dérange », suggérant qu’il n’y a pas meilleur jour que celui de l’anniversaire de la proclamation de la révolution anticoloniale pour inscrire ce fait historique fondateur de l’Algérie contemporaine sur le marbre constitutionnel.
Chemin faisant, il convoque à nouveau le registre de l’histoire des luttes algériennes pour l’indépendance et de la fidélité à Novembre 54 : « Nous avons emprunté la bonne voie, car tout écart de la Déclaration du 1er Novembre serait un égarement. Nous devons demeurer fidèles au serment des chouhada qui ont payé de leur vie pour que vive ce pays », a-t-il dit en visioconférence aux officiers et soldats de l’ANP. Toutefois, le discours le plus explicite sur l’entente entre la présidence et la haute hiérarchie de l’armée est venu du Général de Corps d’Armée, Chef d’Etat-Major de l’ANP, Saïd Chanegriha : « Ce rendez-vous électoral, qui ne sera pas un jour ordinaire, mais constituera sans nul doute un jour de victoire pour le peuple algérien », a-t-il déclaré à propos du référendum du 1er novembre. Ce sera, pour le peuple algérien, a-t-il ajouté, le « couronnement de son élan civilisationnel pacifique ». « Cet élan que l’Armée Nationale Populaire, digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, a accompagné, avec sincérité et dévouement, sans ambition aucune que servir l’Algérie et son peuple, mettant l’intérêt de la patrie et du peuple au-dessus de toute considération ». « Ce peuple authentique qui a pleinement conscience qu’il sera le seul artisan de ce rendez-vous, par sa participation massive à ce référendum, afin que cette participation soit une réponse catégorique et sans équivoque à tous ceux qui guettent et qui complotent contre notre pays », a poursuivi le chef d’Etat-major de l’ANP en guise d’appel à une franche participation au scrutin référendaire du début du mois prochain.
Autre message sur l’accord entre l’institution présidentielle et militaire : « Nous vous assurons Monsieur le Président de la République que l’Armée Nationale Populaire, attachée à ses missions constitutionnelles, est toujours prête sous Votre Commandement, à relever tous les défis et contrecarrer tous les projets hostiles à notre pays », a affirmé Said Changeriha. « L’Armée Nationale Populaire digne héritière de l’Armée de Libération Nationale demeurera le rempart impénétrable et le bouclier invincible sur lequel se briseront toutes les tentatives hostiles, en préservation du legs de nos valeureux Chouhada», a-t-il conclu. <