Le chef de l’Etat a adressé, hier, un message à la Nation à l’occasion de la date anniversaire du 1er novembre. Le texte du président de la République, qui commémore le 64e anniversaire du début de la guerre de Libération, est construit en deux parties : l’une consacrée au volet de l’Histoire et de la mémoire algérienne combattante, l’autre, nettement politique, portant sur son bilan depuis qu’il est à la tête du pays voici près de vingt ans.

Une part qu’on peut considérer comme un inventaire général des réalisations qu’il a pilotées dans les domaines politiques, économiques, sécuritaires, de politique de défense et d’acquis sociaux. Mais sans commentaire sur l’actualité et les soubresauts qui l’ont marqué notamment à l’Assemblée populaire nationale (APN). Ni annonce sur ce qu’il entend entreprendre dans les prochains mois alors que les formations de la majorité s’activent à planter le décor d’un 5e et nouveau mandat présidentiel. Pour le chef de l’Etat, le 1er novembre est «la date la plus significative de notre histoire contemporaine». Elle marque le «couronnement de la farouche résistance opposée par notre vaillant peuple depuis l’invasion de notre pays par la force coloniale». Parmi les étapes marquantes de cette résistance, le 8 mai 1945 a été «une station phare et douloureuse de notre histoire (…) qui a, définitivement, convaincu notre peuple que le colonisateur brutal ne reconnaîtra jamais nos droits», écrit le président de la République. «Ce fut, alors, l’étincelle qui a déclenché notre Révolution sacrée pour la libération», ajoute-t-il.
«L’exploit a été tel que cette Révolution a permis de graver le nom de l’Algérie sur le Registre d’or des Nations et de gagner l’admiration et le respect des peuples du monde entier, encore aujourd’hui», poursuit le chef de l’Etat en rappelant que la révolution anticoloniale «a été, une fois notre indépendance recouvrée, l’amorce d’un vaste processus de construction et d’édification» à partir de presque rien, indique-t-il : «une situation marquée par plus d’un quart de notre peuple déplacé, un cadre administratif quasi inexistant, un analphabétisme généralisé, une pauvreté régnante et des richesses naturelles encore sous l’emprise du colonisateur».
«Ce sont là, les conditions par rapport auxquelles doivent être évaluées les réalisations de l’Algérie indépendante en matière de scolarisation de nos enfants, de mise en place d’une base industrielle et de restauration de la souveraineté nationale sur nos richesses, tels que les terres, les hydrocarbures, les mines et bien d’autres», estime le chef de l’Etat.

Sévère lecture des années Chadli
«L’Algérie était perçue, alors, comme un Etat réussissant son décollage économique, un Etat s’illustrant aussi par son rôle pionnier en matière de soutien aux droits des peuples colonisés et persécutés, et à l’avant-garde du combat mené par les peuples du Sud pour l’instauration d’un nouvel ordre économique mondial et la valorisation des richesses naturelles des peuples», souligne encore M. Bouteflika qui déplore que cet élan fut «stoppé en raison des fluctuations de cours du pétrole qui ont paralysé notre processus économique, et à cause d’un laxisme politique, l’Algérie a sombré dans la spirale du chaos, du terrorisme et de la destruction, d’où les facteurs de la tragédie nationale, dont a souffert notre peuple pendant presque une décennie». Une sévère lecture des dernières années du pouvoir de l’ancien président Chadli Benjedid, 30 ans après Octobre 1988. On aura noté que sur cet aspect qui concerne la période rouge des années 1990, le chef de l’Etat se montre critique sur les politiques qui ont prévalu après les évènements d’octobre 1988 et l’amorce du processus de démocratisation qui a buté ensuite sur l’émergence d’un islamisme hégémoniste et générateur de la violence que le pays connaîtra durant une séquence dont la fin, suggère le chef de l’Etat, interviendra à son arrivée au pouvoir en 1999.
«Il y a presque 20 ans, vous m’avez honoré de votre confiance, ô combien précieuse, alors que notre pays traversait une conjoncture difficile et que l’environnement international nous avait banni et imposé un embargo non déclaré. Ensemble, et Fort de notre foi et puisant dans les référents de notre religion et dans les valeurs de la Déclaration de la Glorieuse Révolution de Novembre, nous sommes parvenus, Dieu merci, à redresser la situation et à enclencher une phase de reconstruction, en nous attelons à la concrétisation de tant de vos aspirations légitimes», déclare le chef de l’Etat à propos de ses mandats successifs au cours desquels ont été concrétisés «la paix et la réconciliation nationale» et durant lesquels «les institutions et structures de l’Etat ont retrouvé leur activité dans le cadre de la pleine légitimité (…) : un processus sanctionné par une profonde révision de notre Constitution, une révision qui a conforté les droits du citoyen et de la femme en particulièrement, et consolidé les composantes de l’identité nationale, notamment le Tamazight, langue commune à tous les Algériens et Algériennes.»
Paiement de la dette extérieure, planche à billets, Bouteflika assume
«L’Algérie a connu aussi, tout au long de ces deux décennies, un processus de développement intégré qui a touché la totalité du territoire national, un processus qu’aucun oublieux, soit-il, ne peut nier ou occulter», ajoute le chef de l’Etat qui donne un bilan chiffré des réalisations accomplies en près de vingt années de pouvoir. Un inventaire qui lui fait dire qu’il a fait le bon choix en ce qui concerne la politique économique et sociale qu’il illustre particulièrement par l’effort consenti en matière de développement humain et par sa décision de rembourser la dette extérieure du pays et d’avoir eu recours récemment à la planche à billets «Si nous avons pu éviter ces tourments, c’est grâce à la décision que nous avions pris pour le paiement préalable de la dette extérieure et la constitution d’une importante épargne interne Ainsi, notre pays a recouru, souverainement et librement, à l’endettement intérieur», précise-t-il à ce sujet. Et d’ajouter que le devoir actuel est au «défi de l’accélération des réformes économiques et de la diversification du produit national pour mieux se libérer de la dépendance aux hydrocarbures et des fluctuations de leurs cours sur les marchés internationaux».
En matière de défense , écrit le président de la République, «nous avons fortifié les capacités de l’Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) par des moyens humains et matériels, qui en ont fait une armée professionnelle, au sens propre du terme, et un bouclier solide qui préserve la sécurité du pays, des citoyens et la souveraineté territoriale de l’Algérie».

Lire l’intégralité du message du chef de l’Etat sur notre site électronique en cliquant ici