La gestion de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 en Algérie ressemble de plus en plus à la… mécanique quantique. Pas dans les équations établies, ni dans l’impact qu’elle a eu sur la physique et la perception de l’univers, mais sur le principe lui-même. La mécanique quantique (sans trop s’étaler sur des détails qui pourront être ennuyeux pour les «non-initiés») indique ainsi que deux réalités contradictoires peuvent exister en même temps. Une «vérité», malgré son paradoxe, qui a été absorbée et acceptée durant de longues années par les scientifiques. Il a fallut attendre l’expérience du «Chat de Schrödinger» (du nom du physicien autrichien, prix Nobel en 1933) pour démontrer l’invraisemblance de ce qu’a énoncé la mécanique quantique. La réflexion établie par le chercheur viennois (pour essayer d’abréger) est venue rappeler l’importance de l’observateur dans les expériences et les résultats des recherches. Quelle est la relation avec la pandémie ? Elle est loin d’être compliquée.
La manière avec laquelle est gérée la crise sanitaire en Algérie donne (plus que) l’impression de l’acceptation d’une superposition de vérités contradictoires. D’un côté, il y a les statistiques «rassurantes» du nombre de cas contaminés, et l’assurance affichée des responsables du secteur de la santé. De l’autre, il y a la réalité du terrain, celle donnée par les spécialistes et les citoyens, ce qu’il faut appeler ici «les observateurs».
Les discours des officiels, chiffres à l’appui, persistent toujours dans le «tout va bien» mettant en avant les petites «victoires», et cachant sous le tapis les grands dysfonctionnements. Ces derniers peuvent se résumer dans tout ce qui touche aux vaccins. Il n’est pas besoin d’être un expert en mécanique quantique pour constater que beaucoup de temps a été perdu dans cette «opération». Une perte qui ne pouvait qu’engendrer des dégâts. La recrudescence des cas de Covid-19 constaté ces derniers jours en Algérie aurait, sans aucun doute, pu être évité si le taux de vaccination était élevé.
Près de cinq mois après son déclenchement, les tergiversations perdurent. Très peu d’Algériens ont été à ce jour vaccinés et avec la cadence avec laquelle la campagne est réalisée il faudra attendre longtemps pour aspirer à atteindre les «normes». Si l’Algérie était une île isolée (même si elle l’a été hier avec la coupure d’internet), il y aurait peut-être des chances que la gestion actuelle soit bien perçue. Mais ce n’est pas le cas. Il suffit de faire juste une petite comparaison avec d’autres pays pour avoir une idée sur le «grand écart».
Les responsables se retrouvent à vouloir convaincre de l’existence de deux réalités. La première concerne «une bonne gestion» de la crise sanitaire, et l’autre, celle de la prolifération des cas Covid-19. Pourtant, une seule des deux est valable. Pas d’existence simultanée pour des « faits » contradictoires. «Le chat de Schrödinger» l’a bien montré, l’observation tranche avec la fausse réalité.