Pour célébrer la Journée des droits de la femme et afin de rendre hommage aux  artistes femmes, qui sont allées au-delà des limites sociales, l’Institut culturel italien convie le grand public à assister à la lecture musicale « Le chant libre des étoiles méditerranéennes », le 10 mars prochain au niveau de l’Institut culturel italiens (ICI) d’Alger.
L’original spectacle, écrit et raconté par l’écrivaine Francesca Bellino et interprétée musicalement par Stefano Saletti et Barbara Eramo, est né de l’envie de raconter les existences extraordinaires de quelques-unes des plus importantes chanteuses du monde arabo-méditerranéen et de célébrer le pouvoir libérateur de la voix.
Il s’agit notamment de «démentir le préjugé qui cristallise l’image des femmes arabes comme étant des femmes voilées, soumises et muettes, il suffit de regarder l’histoire de la musique arabo-méditerranéenne du XXe siècle pour  découvrir des figures féminines emblématiques, loin des stéréotypes répandus en Occident», soulignent les organisateurs dans la présentation de ce spectacle sur le site officiel de l’Institut culturel italien. Il est également précisé que cette histoire nous parle de chanteuses reconnues, « fortes et libres qui ont réussi à utiliser leur voix et à être maîtresses de leur destin ».
Il s’agit notamment de la diva égyptienne Oum Kelthum à la princesse druze Asmahan, de la chanteuse tunisienne d’origine berbère Saliha à la diva algérienne Warda, ou encore, de la star libanaise encore en vie, Fairuz. « Des femmes qui se sont frayées un chemin dans les mêmes années où, sur l’autre rive de la Méditerranée, dans l’île de Sicile, naissait, luttait et chantait notre Rosa Balistreri, symbole italien de l’émancipation féminine à travers le chant », peut-t-on lire sur le site de l’ICI.
Dès lors, le spectacle  aspire à rendre hommage à la vie de ces femmes nées et grandies dans des sociétés machistes et patriarcales et dans des contextes souvent ruraux des deux côtés de la Méditerranée, dont le destin exceptionnel, confirme notamment  la puissance symbolique de la voix pour véhiculer la libération et la croissance personnelles. Ainsi « le chant pour ces femmes n’a pas été uniquement une forme efficace de libération, mais aussi une manière de prendre la parole à partir d’un podium conquis grâce au talent et à la sueur ».
Le spectacle  produit par l’«Associazione Ikona », d’une durée de presque deux heures, est en entrée libre dans la limite des places disponibles après réservations par mail sur le site de l’Institut culturel italien.
Francesca Bellino, écrivaine, journaliste et auteure de radio et télévision, s’occupe depuis des années de trans-culturalité, émancipation féminine et droits de l’Homme dans la zone arabo-méditerranéenne, avec une attention particulière aux relations entre la rive Sud et la rive Nord de la Méditerranée.
Pour sa part, le poly instrumentaliste Stefano Saletti (oud, bouzouki, guitare, percussions) et la chanteuse tarentine Barbara Eramo travaillent depuis des années pour essayer de faire émerger les connexions et les points de contact entre les nombreuses traditions des pays de la Méditerranée, de la tradition populaire du sud aux mélodies arabes, balkaniques, grecques et séfarades, jusqu’à la récupération de l’ancienne langue de la mer, le « sabir » que Saletti utilise depuis toujours dans ses compositions originales avec la Banda Ikona.