La faculté d’adaptation avec la possibilité d’opter pour un système de compétition d’urgence a fait face à l’entêtement. Lors de sa réunion jeudi dernier, le Bureau fédéral de la FAF a décidé de maintenir le système de compétition classique en Ligue 1 avec le déroulement, comme prévu dans le format classique et de base, des 38 rounds. Cela ressemble à un défi perdu d’avance. Explications.

Alors que non pas deux, mais trois (en comptant la proposition de l’USM Alger) portes de sortie étaient possibles, la Fédération algérienne de football (FAF) et la Ligue de football professionnel (LFP) encourent le risque avéré de foncer dans le mur et compromettre la saison 2020-2021. Dans un contexte sanitaire aux paramètres versatiles et menaçant, les responsables de la balle ronde ont convenu de garder le mode de compétition prévu en conditions normales. C’est-à-dire disputer 38 journées et caser 380 matchs pour un exercice qui ne va débuter qu’à la fin de novembre. C’est pour dire que l’intervalle temps sera très serré avec une marge de manœuvre considérablement limitée. Il faudra jouer à raison de deux matchs par semaine et sans arrêt afin que le challenge se termine dans les délais, soit d’ici le mois de mai.

L’argent avant la santé
Si les données santé incitaient clairement adaptation, Abdelkrim Medouar, patron de la LFP dont le mandat est déjà terminé mais qui continue à avoir de prendre des décisions vitales (lors de l’opus 2019-2020 il voulait même terminer le championnat en novembre si cela était nécessaire), s’était déjà montré inflexible à la veille de la tenue du Bureau Fédéral. Le successeur de Mahfoud Kerbadj à la tête de l’instance qui gère le championnat professionnel avait révélé que : « cinq clubs au total (sur les 20 de l’élite) veulent revoir ce système, alors qu’un autre de l’Ouest a envoyé une correspondance pour un changement de formule, avant de se rétracter. Personnellement, je n’ai pas de position par rapport à ce sujet. Je vais soumettre les doléances de ces clubs jeudi, à l’occasion de la réunion du Bureau fédéral qui va trancher la question.» Pour avoir une idée, la majorité des équipes algériennes n’a même pas de staff médical digne du nom et son gérée par des gens inconscients qui ne sont pas en mesure de connaître l’ampleur du danger et la gravité de l’aspect sanitaire. C’est clairement une bande de mafieux n’étant, manifestement, préoccupée que par le gain et l’argent qui a pesé pour forcer la décision de garder le même modèle compétitif initial. Avec tout ce que cela peut impliquer en termes de logistiques et -surtout- dépenses.

30.400 tests PCR à prix cassé : et le citoyen normal ?
Il faudra faire un dépistage massif et régulier dans le circuit footballistique. Cela nécessite une grande organisation et la mobilisation de médecins et de laboratoires qui sont déjà au bord de la saturation. Sans oublier le fait que les tests PCR sont en rupture et insuffisants pour couvrir le besoin de la population. Sur ce point, Medouar se veut fin négociateur et compte activer ses « leviers » pour avoir des tests PCR à prix cassés. «Je défie ces gens-là, je suis capable d’arracher ce test PCR à 25% de son prix réel. On peut négocier et payer le quart du montant actuel, c’est mieux que d’envoyer les clubs dépenser des fortunes », lâche-t-il.
Le président de l’ASO Chlef a aussi indiqué que « mon idée sera celle du BF, puisque je leur ai fait ma proposition. C’est un projet, la LFP doit 2 ans de droits TV ; c’est l’occasion de parler avec les responsables et de les pousser à nous donner cet argent. Les clubs ont déjà perçu des avances, et je propose que ce test PCR soit négocié d’une manière globale pour les 20 clubs, afin que le coût total soit abordable. Certains ont parlé de 70 à 80 milliards, alors qu’ils ne savent même pas ce que c’est un test PCR.»
Défi ou déni, il n’y a qu’une lettre de différence. Mais l’inconscience et l’égoïsme sont là. Comment peut-on se permettre d’avoir un quota conséquent de tests de dépistage (en comptant en moyenne 40 échantillons par club sur 38 journées ce qui fait plus de 30.000 unités) alors que l’Algérien lambda paye 15.000 DA pour s’en procurer un ? La question doit être posée. Medouar joue même au spéculateur en prévoyant, en toute impunité, de ne pas respecter le protocole anti-COVID-19 à la lettre. « Peut-être qu’on ne pourra pas le faire à 100%, mais je pense qu’on peut appliquer le protocole à hauteur de 70% ou 80% », projette-t-il. Irresponsable. Mais cela ne nous étonne plus. n