Les supporters du CR Belouizdad ont poussé un grand ouf de soulagement mercredi après avoir empoché la moisson complète lors de la réception de la JS Kabylie (2/1). Pour la première fois de la saison, leur équipe  a réussi à sortir de la zone de turbulences et peut envisager se maintenir parmi l’élite après une campagne très mal-engagée. La venue du Groupe Madar Holding (Ex-SNTA), nouvel actionnaire majoritaire du club, a rendu la mission sauvetage possible. Retour sur une remontée spectaculaire d’un club historique.

On jouait la 10e journée, le tiers du parcours, le «Chabab » n’avait décroché que deux succès et végétait au fond du tableau. Six points auxquels il fallait soustraire les 3 que la Ligue de football professionnel (LFP) avait décidé de défalquer avant même que l’exercice ne commence.
C’était à cause d’une dette non épurée par l’ancienne direction présidée par Mohamed Bouhafs. Avec 3 unités seulement glanées sur 30 éventuelles, les «Rouge et Blanc » semblaient mal-barrés. Les Belcourtois étaient clairement en très grand danger et le spectre de la relégation commençait déjà à planer. Il a fallu l’arrivée d’un investisseur pour mettre fin aux inquiétudes des fans préoccupés par le scénario catastrophe qui se profilait.
C’est alors que, le 27 octobre dernier, Madar Holding a trouvé un accord avec l’équipe du Club sportif amateur (CSA), qui gérait les affaires administratives après la destitution de Bouhafs, pour acquérir 67% des parts. A partir de là, les ‘‘gars de Laâquiba’’ ont pu trouver une certaine sérénité. Une pérennité financière importante dans ce genre de situations.
La révolution Amrani
Après avoir terminé la phase ‘‘aller’’ au dernier rang avec 10 points dans la musette, les ‘‘Chababistes’’ se devaient de livrer une phase ‘‘retour’’ aboutie pour espérer s’éloigner le plus vite de la guillotine. Les débuts de l’ère Madar étaient un peu poussifs avec 2 défaites et une seule victoire. Mais il y a une autre arrivée qui a mis définitivement de l’ordre dans la maison de la franchise de Belcourt. C’est celle de l’entraîneur Abdelkader Amrani remercié par le CS Constantine. C’était une véritable pioche sachant que le technicien en question était l’architecte du titre de champion décroché par les Constantinois au terme de la séquence 2017-2018. Avec Amrani sur le banc, secondé par Lotfi Amrouche, les banlieusards d’Alger ont commencé par aligner deux qualifications en Coupe d’Algérie en déplacement chez le DRB Tadjenanet puis le CA Batna. En Ligue 1 Mobilis, le blocage psychologique a persisté pendant trois rencontres soldées par des nuls contre l’AS Aïn M’lila (1/1), le Paradou AC (0/0) et le MC Alger (1/1) dans ce sens. Justement, le match contre le Mouloudia a été important parce que Chettal avait réussi à offrir une unité précieuse aux siens. Dans ce derby, on a ressenti que le groupe voulait s’en sortir. C’était confirmé par la suite. Depuis, c’est 4 succès en autant de rencontres pour le CRB. Une démonstration (3/0) contre le SA Mohammadia en Dame Coupe avant de renouer avec les victoires en championnat.  Et contre des adversaires d’un certains calibre parce que deux parmi les 3 victimes sont l’ES Sétif et la JS Kabylie.
La lutte comme arme
Cela fait donc 9 rencontres que le team de la banlieue d’Alger est invaincu sous la houlette de son nouvel entraîneur (3 nuls et 6 victoires). Un bilan positif qui montre que la rémission va dans le bon sens. Aujourd’hui, après 22 rounds, Bechou & cie pointent à la 12e place avec 22 points.
Ils ont aussi un match en retard à disputer chez le DRB Tadjenanet qui est menacé lui aussi. Mais ce qui est certain, c’est que Nessakh et ses camarades resteront dans la partie claire du tableau peu importe le résultat à Mila. Néanmoins, il ne faudra pas se relâcher parce qu’il reste du chemin à faire pour se mettre définitivement à l’abri sachant que la lanterne rouge n’est qu’à un pas. Saïd Alik, Directeur général de la SSPA/CRB, le sait très bien : « C’est notre troisième victoire consécutive et cela prouve que l’équipe est sur le bon chemin pour sauver le CRB de la relégation.
Ce n’est pas facile d’affronter la JSK qui se trouve en pleine ascension et qui veut finir en haut du tableau. C’était pour nous une finale à gagner et ça sera la même chose pour tous nos matchs jusqu’à la fin », estime l’ancien chairman de l’USM Alger.
Amrouche, adjoint d’Amrani,  a aussi indiqué, «Cette victoire a été difficile à arracher mais elle confirme que nous avons un groupe de joueurs capables de faire mieux même quand le contexte est difficile.
Elle nous donne confiance pour la suite même si ce n’est pas facile. On doit continuer à faire des sacrifices. On sait qu’au bout le résultat sera là et on devra faire de la lutte notre arme.» Après avoir sorti la tête de l’eau, le Chabab devra se maintenir à la surface pour survivre au terme des 30 étapes au programme de cet opus 2018-2019.n