Les récentes performances face au Mali (1-1) et la Suède (défaite 2-0) en amical ont rendu Djamel Belmadi vulnérable et attaquable. Pendant longtemps, le sélectionneur national a eu l’immunité que confèrent les bons résultats. Notamment après avoir remporté la CAN-2019. Mais les deux désillusions à la CAN-2021 et l’élimination dans la course à la Coupe du Monde 2022 face au Cameroun ont délayé les langues. Notamment celle de Hafid Derradji qui, après avoir soutenu le coach de l’EN et cautionné le fait qu’il reste aux manettes en avril dernier, l’a désigné comme premier coupable des échecs pensant même qu’il devait partir. L’attitude « girouette » du commentateur de BeIN Sports n’a pas plu aux pro-Belmadi. Malgré cela, il a persisté et signé sur son constat.

Par Mohamed Touileb
On est passé de « Tout le Bureau Fédéral de la FAF doit déposer sa démission après cet échec. En revanche, Belmadi doit poursuivre sur le banc parce qu’il va se racheter s’il reste en poste et notre sélection reviendra plus forte », comme écrit par le célèbre journaliste sur ses réseaux sociaux à « Belmadi aurait dû partir après l’élimination ». La transition était brutale et cachait des ambiguïtés tant les deux avis sont complètement divergents bien qu’ils émanent de la même personne.

Pas d’eau dans le vin
En effet, fin novembre dernier, Hafid Derradji avait donné une interview à la chaîne El-Heddaf. Dans l’entrevue, le commentateur de BeIN Sports était revenu sur l’élimination de l’Algérie dans la course à la Coupe du Monde 2022 face au Cameroun. S’il avait soutenu Djamel Belmadi dans la foulée de cet échec, l’ancien responsable du département «sports» à la Télévision
Nationale a changé son constat de 180 degrés.
Ainsi, il n’a pas manqué d’imputer une grande part de cette désillusion à… Djamel Belmadi. Un avis qui n’était pas passé sans susciter de vives réactions. Notamment du côté des pro-Belmadi. Malgré cela, Derradji persiste et signe sur son analyse. La tension est palpable.
« Je n’ai fait que répondre à une question. J’ai donné mon point de vue sans toucher ni à l’intégrité des personnes, ni de l’équipe, ni de mon pays. On m’a demandé si Belmadi est responsable. Et j’ai répondu que Belmadi est en partie responsable.
Il est inconcevable de dire qu’il ne l’est pas », persiste Derradji.

Respect, une notion à contradiction
Il ajoutera que « lui est responsable, ainsi que les joueurs, l’arbitre Gassama, la situation de l’Algérie, et même les médias ont tous une part de responsabilité. Mais reste que la plus grande part de responsabilité, elle est technique qu’on le veuille ou pas », Derradji n’a pas mis de l’eau dans son vin en se confiant à DzaïrTube sur ses propos à l’égard du coach des « Fennecs ». Pour lui, « si dire ça est une atteinte à Belmadi, je ne sais pas comment aborder le sujet ». Et il explique qu’« ensuite j’ai émis mon point de vue en disant qu’à sa place j’aurai démissionné. Ce qui est normal et dans l’ordre des choses. Surtout qu’il a enregistré deux grands échecs en deux mois ». En définitif, Derradji précise avoir « beaucoup de respect pour Belmadi et pour l’équipe nationale, et les gens qui n’ont pas apprécié mon point de vue, s’ils veulent qu’il reste jusqu’en 2030, je ne peux qu’espérer qu’il reste jusqu’en 2040. Moi, je n’ai aucun problème ». A vrai dire, les incohérences dans les écrits et les déclarations laissent penser le contraire. n