La réalité de l’Ecole, caractérisée par un recul des filières Mathématiques, Math-techniques et de l’Enseignement technologique, est angoissante. L’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la prise en charge des élèves en termes de conditions de scolarisation et de valorisation de la compétence et du mérite est, aujourd’hui, une urgence absolue. Dire que l’avenir du pays en dépend est une lapalissade. L’annonce de la mise en place d’une batterie de mesures d’urgence, pour tenter de remédier à cette inquiétante situation, est une évolution bienvenue. Mais à condition que la rigueur soit de mise et surtout en instaurant une obligation de résultats que les acteurs de l’Education sont tenus de respecter. Depuis des décennies, le secteur semble naviguer à vue et les ministres, qui ont eu à le diriger, se sont davantage empêtrés dans les méandres des complications que produit une école d’avenir. Aujourd’hui, il faut en convenir, on est bien en retard en matière de qualité d’éducation et de perspectives de construction de l’Ecole de demain, celle qui fabriquera le citoyen modèle, celui qui portera l’Algérie future. Au moment justement où des pays comme la Corée du Sud ont complètement passé un cap technologique en matière d’éducation, le débat national se limite à un sujet singulier, « pour un cartable moins lourd ». Dans certains pays, les cours se déroulent sans livre ni cahier, uniquement avec des tablettes numériques. Dans d’autres, l’Education nationale est totalement numérisée. Le cartable a été remplacé par une tablette. Le débat sur « un cartable trop lourd » pour l’élève semble, en effet, relever d’une autre époque. Les potentialités de l’Algérie en matière d’éducation et en capacités de scolarisation sont importantes, atteignant les niveaux de beaucoup de pays d’Europe. Mais paradoxalement, la qualité de l’éducation pèche par un manque flagrant de performances. Et, plus inquiétant, par une régression remarquée. Ce paradoxe algérien devrait être étudié sérieusement afin d’apporter les corrections qui s’imposent, urgemment.