Par Nadir Kadi
Le blocage au niveau du port de Ghent (Belgique) du cargo Timgad, appartenant à la Compagnie nationale algérienne de navigations (Cnan-Nord), pourrait bientôt être levé et le navire entrer au pays. C’est, en tout cas, ce qu’a fait savoir le Directeur général de la Cnan-Nord, Smaïn Abdelmalek, qui précisait, hier, dans une courte déclaration à l’agence nationale de presse, que «la situation du Timgad est en voie d’être réglée». Le responsable ajoute, selon la même source, que le cargo «n’est pas déclaré en situation d’abandon» en références aux informations publiées la veille par le journal El Watan, faisant état d’une décision de l’Organisation internationale du travail (OIT), déclarant le Timgad un navire à «l’abandon».
En effet, le Directeur général de la Cnan-Nord, qui reconnaît cependant que les raisons du blocage du navire sont liées essentiellement à des «défaillances techniques constatées» et à «un retard dans le payement des salaires des employés», a toutefois réfuté entre les lignes toute aggravation de la situation administrative du navire ou de la compagnie. Le «règlement» de la situation évoqué par le responsable devrait vraisemblablement passer par la satisfaction des «prescriptions» faites lors du contrôle du navire. Smaïn Abdelmalek rappelle en ce sens que «le Timgad est bloqué suite à un contrôle de l’état du pavillon ayant conduit à des prescriptions techniques et autres liées à des retards de paiement des marins».
Pour rappel, le navire acquis par la Cnan-Nord en 2017 avait été immobilisé, le 6 septembre dernier, suite à un contrôle de conformité des autorités belges. Le site internet de l’OIT iol.org donne de nombreux détails sur la situation du navire et de ses «20 membres» d’équipage. On n’y apprend notamment que le l’immobilisation avait été décidée suite «à de multiples déficiences (…) dont le non-paiement des salaires». Cependant, la question apparaît plus complexe et serait davantage liée à l’incapacité de vérifier le paiement ; le dernier ajout aux dossiers tenus par l’OIT rapporte en ce sens le compte-rendu du 5 novembre de l’inspecteur de la section belge de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) : «A l’heure actuelle, la Cnan a effectué des virements bancaires pour les salaires dus pour les mois d’août et septembre 2021 (…) On peut conclure que «certains» paiements ont effectivement été effectués et reçus (…) Cependant, à l’heure actuelle, il n’est toujours pas possible de vérifier si les paiements effectués sont conformes (…) principalement en raison de l’absence de comptes de salaires appropriés, de relevés d’heures supplémentaires et d’autres documents/dossiers requis». Le même représentant syndical ajoute plus loin, la question ne serait «considérée comme résolue» qu’à l’issue du paiement intégral des salaires».
Par ailleurs, il est à souligner que le Timgad n’est pas le seul navire algérien immobilisé à l’étranger, un second cargo, le Saoura est, en effet, bloqué en Espagne. «Le Timgad et un autre cargo algérien en Espagne sont les deux seuls navires algériens encore bloqués» dans des ports étrangers», a jouté le Directeur général de la Cnan-Nord. Quant au navire de transport de marchandises Saoura, bloqué au port de Brest (France) depuis le 29 octobre dernier, il avait été «libéré à la mi-novembre» après une immobilisation pour des motifs également liés au payement des salaires de l’équipage. Pour rappel, la qualification de «navire à l’abandon» est utilisée dans plusieurs cas de figure notamment, souligne le syndicat IFT, en cas de «non-paiement des salaires pendant au moins deux mois».