Le verdict des statistiques brutes est brutal. Avec Manchester City, Riyad Mahrez est au plus mal. Sa prestation de dimanche à l’occasion du sommet face à Liverpool (victoire 1-4) a laissé une impression indubitable : le gaucher est devenu étrangement maladroit avec le ballon. Son manque de tranchant et de percussion est inquiétant. Décryptage.

Le temps de jeu, il l’a eu. Et il l’a mal-exploité. L’appréhension principale était de ne pas voir Pep Guardiola l’aligner pour le choc de la 23e journée en Premier League face aux «Reds». Mais la prestation soporifique de Mahrez a donné lieu à une autre crainte : celle de voir le capitaine de l’équipe nationale sombrer dans le doute et perdre grandement de sa confiance.

Et si Belmadi avait dit vrai ?
Dans le football, la confiance est importante. C’est l’essence même pour avoir un rendement optimal. Et le gaucher est en train d’épuiser ce crédit. Tant aux yeux de son entraîneur mais aussi son sentiment intime de pouvoir faire la différence. Il y a quelques jours, on parlait même d’un mal-être grandissant pour l’ex-sociétaire de Leicester City du côté de Manchester.
Même Djamel Belmadi, driver de l’EN, avait estimé que Mahrez ne peut pas être content de sa situation avec les «Citizens». Le premier responsable de barre technique de l’Algérie a voulu dire que l’exigence est telle que le natif de Sarcelles ne peut pas se satisfaire d’être moins efficace et de voir son temps sur les terrains prendre un sérieux coup. Tout cela, le concerné l’a démenti.
Toutefois, pour ne rien arranger, cette baisse de régime du milieu-offensif vient contraster avec le fait que les «Skyblues» carburent fort. On parle d’un team qui vient d’aligner 14 succès toutes compétitions réunies dont 11 en championnat. Une copie qui les place au sommet de la hiérarchie anglaise en comptant 5 points sur le premier poursuivant, Manchester United, et 10 sur les Liverpuldiens, champions sortants.

Foden l’a embarrassé
Pendant ces 11 succès dans la compétition domestique phare, le MVP de PL en 2016 a débuté dans 4 parties (2 jouées complètement) seulement pour 3 entrées en jeu et 4 matchs suivis depuis le banc. Le tout en ne marquant qu’un but et délivrant une passe D sur les 25 réalisations inscrites par les siens. En plus de ne pas pouvoir soigner ses copies individuelles, Mahrez voit des coéquipiers briller et réussir sa tâche à sa place. C’était le cas pour le jeune et très prometteur Phil Foden qui a fait en 18 minutes sur le côté droit ce que le Fennec n’a pas pu accomplir en 72 face à Robertson dimanche.
L’international Anglais a délivré une offrande pour permettre à Gündogan de redonner l’avantage aux siens avant de sceller la partie en battant, d’une sublime et surpuissante frappe du gauche, le malheureux Alisson pour la 4e fois. Plus incisif dans le jeu, Foden n’a pas arrangé la posture du Champion d’Afrique. Même la physionomie de l’opposition l’a un peu plus enfoncé puisque les Mancuniens se sont détachés dans la foulée de son remplacement. C’est pour dire que le sort n’est, lui aussi, pas du côté de Mahrez qui traverse l’une des passes les plus délicates depuis qu’il a rejoint Man.City à l’été 2018 pour 68 millions d’euros. Reste à savoir s’il va pouvoir dépasser cela et avec quelles séquelles.