Demain mercredi, des professionnels du médicament se rencontreront à Alger pour faire le point sur la «disponibilité du produit pharmaceutique» sur le marché. Derrière ce thème, un constat selon lequel plusieurs types de médicaments ne sont plus accessibles ou difficilement auprès des pharmacies d’officine.

Derrière aussi, une réelle inquiétude de la perturbation plutôt longue pour un pays comme le nôtre et en 2017 de la chaîne de distribution de produits de santé. Derrière, enfin, une observation qui fait office de bilan qu’on ne peut contester parce qu’il émane d’un intervenant sérieux dans le débat sur le secteur de la pharmacie en Algérie. Le Syndicat des pharmaciens d’officine, le Snapo, jouit, en effet, d’une position et d’un sérieux qui n’ont jamais été démentis depuis sa création en 1996 tant au niveau de l’action qu’à celui du propos.
En plus du Snapo, il y aura, demain mercredi, d’autres acteurs regroupés comme ce syndicat dans la Fédération algérienne du médicament (FAM), tels que l’Association algérienne des distributeurs de produits pharmaceutiques, Adpha et l’Union des producteurs du médicament, Unop, pour dire que tout n’est pas au point dans le marché pharmaceutique dans notre pays. S’ils ont décidé de le dire, c’est certainement pour faire honneur à leur profil et leur vocation de veiller à un accès de qualité pour les Algériens au médicament et faire à nouveau réagir le ministère de la Santé qui, pour l’instant, n’a semblé réagir que timidement à un phénomène que le ministre du secteur, Abdelmalek Boudiaf, a qualifié de «petites tensions» dues «au retard de contrôle de conformité» de certains produits. Une telle réponse aurait pu suffire peut-être si le Snapo (lire entretien en page 3) ne vient pas nous affirmer que le problème de disponibilité ne concerne pas uniquement le médicament acheté à l’étranger mais celui aussi fabriqué dans nos usines. Une déclaration à laquelle le ministre ne peut pas ne pas réagir et apporter la clarification nécessaire à ce sujet, faute de quoi il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur sa perception du marché et de la fonction ministérielle qu’il occupe et de la responsabilité dont il a la charge. Il n’y a peut-être pas le feu, mais un docteur est fait aussi pour rassurer et conseiller.