Le lieu où il s’exprime le mieux, c’est le stade. Souvent Slimani a fait l’objet de railleries. Mais avant de jouer la Guinée, vendredi dernier en amical, il y avait une campagne médiatique sur les réseaux sociaux qui dénonçait son attitude… en dehors du terrain et vis-à-vis des «journalistes» partis l’attendre à l’aéroport. S’il n’a pas fait de déclarations intéressantes à son arrivée à Alger, il a répondu sur le terrain avec un but et une célébration qui n’a pas plu à tout le monde. C’était parce qu’il a utilisé un langage «rural». Mais, dans le fond, le mot reflétait son statut de patron qui est réel en sélection.

Par Mohamed Touileb
Même à 34 ans, Islam Slimani arrive toujours à être performant en sélection. Vendredi, il inscrivait l’unique but de la rencontre contre la Guinée en amical au stade Miloud-Hadefi à Oran. Sa célébration a suscité la polémique chez certains mais elle est «cautionnable». Et à plusieurs égards.

Péter les cages avant les câbles
Slimani est trop fort sur le plan psychologique pour craquer face à certaines fâcheuses pratiques médiatiques. Une arrivée à l’aéroport d’Alger sans faire de déclaration, c’était assez pour qu’il soit dans le collimateur de quelques médias et pages sportifs qui ne peuvent parler football sans verser dans la polémique.
Pas de quoi vraiment perturber l’avant-centre de l’EN et son buteur historique. Laissé sur le banc pour commencer par Djamel Belmadi, il est entré à la 72e minute. Huit minutes après, il fait trembler les filets adverses pour décanter la situation en actant la 4e victoire de suite de l’Algérie qui porte sa griffe.

Buteur historique et 2e meilleur passeur, trop fort !
Le geste est instantané. Celui d’un buteur racé. C’était du mauvais pied mais avec les bonnes surface et puissance. Super Slim a encore frappé pour soigner ses stat’, entrer encore plus dans la légende et conforter son statut de goleador des Fennecs avec 41 pions. Mais ce n’est pas tout puisqu’il est aussi 2e meilleur passeur des Verts (21 offrandes) derrière Riyad Mahrez et ses 28 unités.
Pour célébrer sa réalisation, il a lâché un «je suis un boss» dans un langage taxé d’inapproprié. Toutefois, peu importe la forme, le fond est légitime tant le sociétaire du Stade Brestois 29 coche plusieurs cases historiques avec «El-Khadra».
Crucialité avérée
En effet, on parle d’un international qui a souvent répondu présent dans les moments importants. C’était d’ailleurs lui qui avait qualifié la sélection au second tour de la Coupe du monde en 2014. Avant son coup de casque précieux contre la Russie, il avait participé au succès 4 buts à 2 contre la Corée du Sud.
Pour rappel, en ouvrant le score, il s’était dirigé vers la caméra en mimant «moi, je réponds sur le terrain et vous, continuez à parler» en gesticulant avec les mains. C’est pour dire qu’il y a 8 ans, la controverse le concernant existait. Cependant, cela ne l’a pas empêché d’écrire sa légende.
En outre, si des détracteurs trouvent qu’il en a fait trop pour un match amical, il est important de mentionner que l’ex sociétaire du Sporting CP n’est pas du genre à choisir ses rencontres. En mars dernier, lors du dernier tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2022, il marquait lors du match «aller» contre le Cameroun au stade Japoma.
Pour la seconde manche au stade Mustapha-Tchaker (Blida), il a tout donné. Il aurait même pu être passeur décisif pour Youcef Belaïli et buteur si Bakary Gassama ne l’avait pas privé de son but en prolongation. On parle d’un joueur qui aurait pu sortir les Camerounais presque à lui seul dans des conditions «normales». Un peu de considération s’impose. Et il devrait aller dans les deux sens. En tant qu’icône de l’équipe nationale, celui qui compte 88 sélections en étant impliqué dans 62 buts mérite plus de respect. <