Synthèse Salim Benour
L’Union africaine (UA) a appelé vendredi 19 août à Ouagadougou la communauté internationale à soutenir la transition au Burkina Faso pour «faire face aux défis» sécuritaires énormes auxquels il fait face et l’aider dans sa transition pour organiser des élections. «Nous demandons le soutien de la communauté internationale au Burkina Faso pour faire face à tous les défis» sécuritaires, a déclaré le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’UA, Bankole Adeoye, à l’issue d’une rencontre avec le président de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Fin janvier, le président Damiba a renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, accusé d’avoir été incapable d’enrayer la violence jihadiste, et fait du rétablissement de la sécurité sa «priorité».
Arrivé mercredi à Ouagadougou, Bankole Adeoye a dirigé une délégation de l’UA venue évaluer la conduite de la transition et la situation sécuritaire et humanitaire au Burkina Faso confronté à la violence jihadiste depuis sept ans. «Nous avons fait une évaluation du processus, surtout le plan de la transition qui aboutira à des élections», a dit M. Adoye, estimant que «nous devons tous travailler ensemble, que ce soit au niveau de l’UA, du G5 Sahel et des pays voisins, pour faire face aux problèmes de sécurité, d’extrémisme et de banditisme».
Le commissaire africain a souligné «la nécessité d’assurer une bonne transition, crédible, transparente et juste», assurant le lieutenant-colonel Damiba «de l’engagement de l’Union africaine à soutenir la transition burkinabè, son peuple et son gouvernement». «Quand nous aurons constaté des étapes claires vers une amélioration, une «restauration et une pacification, l’UA va élargir et accroître son soutien pour «permettre au Burkina Faso de réaliser la stabilité et la sécurité», a-t-il affirmé. La durée de la transition avant le retour à l’ordre constitutionnel a été fixée à deux ans.
Durant son séjour qui s’est achevé hier samedi, la délégation de l’UA a échangé avec le Premier ministre Albert Ouédraogo et doit aussi rencontrer des acteurs de la société civile, des leaders religieux et coutumiers, ainsi que des ambassadeurs accrédités au Burkina Faso. Depuis 2015, à l’instar de ses voisins nigérien et malien, le Burkina Faso est pris dans une spirale de violences, attribuées à des mouvements armés jihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui ont fait des milliers de morts et près de deux millions de déplacés.
Plus de 40% du territoire du Burkina est hors du contrôle de l’Etat, selon des chiffres officiels, et les attaques se sont multipliées depuis le début de l’année. Dans ce contexte, l’armée a affirmé vendredi 19 août avoir tué une centaine de «terroristes» lors de diverses opérations menées du 15 juillet au 15 août dans plusieurs régions du pays. L’armée a également affirmé avoir assuré des escortes de commerçants pour approvisionner en marchandises plusieurs localités, dont certaines soumises à un blocus de groupes jihadistes. Fin juillet, 130 camions de ravitaillements ont ainsi été convoyés jusqu’à Djibo, chef-lieu de la province du Soum, l’une des plus touchées par les violences jihadistes, selon l’état-major. n