Les chats tunisiens n’étaient pas des Aigles, les souris burkinabés gambadaient, sur la pelouse du Stade de l’Amitié à Libreville, comme de vrais Etalons.

Et ce sont ces derniers qui joueront pour la troisième fois dans l’histoire de ce pays, les demi-finales de la CAN après celles de 1998 et de 2013. Le rêve continue pour une équipe qui avait terminé à la dernière place de l’édition 2015.

Le premier quart de finale de la CAN 2017 n’a pas tenu toutes ses promesses. Le duel entre la masse athlétique et la taille des Burkinabés, d’un côté, et la vivacité et l’opportunité des contre-attaques des Tunisiens, d’un autre, n’a pas donné lieu à de véritables emballements. Même si les Burkinabés avaient entamé la rencontre sur un tempo nettement supérieur à celui des Tunisiens, mais sans venir menacer réellement le gardien et capitaine Aymen Mathlouthi, de retour après avoir manqué le match précédent. Wahbi Khazri et Youssef Msakni, en vue lors des premiers matches n’affichaient pas la même autorité. La Tunisie était en manque d’inspiration et de créativité. Il faudra attendre la 22e minute pour voir Préjuce Nakoulma se débarrasser d’Aymen Abdennour, curieusement déplacé, lui le défenseur central, sur le côté gauche, et Naïm Sliti, avant de glisser à Bertrand Traoré pour un tir légèrement au-dessus. Seule situation chaude sur le but de Mathlouthi. Il faudra attendre quasiment la demi-heure de jeu pour voir la Tunisie prendre l’initiative, imposer son jeu et entamer un travail de sape. Face au défi physique, les Burkinabés ne s’affolaient pas et procédaient par quelques contres démontrant qu’en trois passes ils étaient capables de se projeter en avant et d’aller porter le danger devant le but de Mathlouthi. A la mi-temps, le score n’avait pas bougé et personne ne savait quel serait le dénouement de la rencontre. Le tournant du match se situe à la 76e minute. Eclair de génie, Paulo Duarte lance sur le terrain Aristide Bancé, actuel joueur de l’ASEC d’Abidjan, à la place de Cyrille Bayala. Quatre minutes plus tard, coup franc à vingt mètres face au but. Courte passe de Bertrand Traoré sur sa droite à Bancé. Le ballon part pour terminer au fond des filets (1-0, 80’). Ce n’est pas fini. Nouveau tir burkinabè sur la base du montant droit des buts de Mathlouthi. Les Tunisiens se ruent à l’assaut de l’arrière-garde burkinabè. Ils sont tous derrière. Le ballon est intercepté par Préjuce Nakoulma qui file, qui file, droit devant. Il passe la ligne médiane, se joue du gardien tunisien qui est venu à son devant.
Encore quarante mètres à parcourir. Nakoulma, légèrement à l’extérieur de la surface, ajuste son ballon, le but de la gloire (84’, 2-0).