Contre vents et marrées, Kheireddine Zetchi et la Fédération algérienne de football (FAF) ont mené la consultation sur l’avenir de la saison 2019-2020 à terme. Les résultats de ce « vote » au taux de participation de 85.7% seront communiqués aujourd’hui à l’issue de la réunion extraordinaire du Bureau Fédéral. Le CR Belouizdad devrait être déclaré champion d’Algérie en considérant le classement à l’issue de la dernière journée disputée. Aussi, il n’y aura pas de relégation avec accession de 4 clubs. Ce qui signifie que la Ligue 1 sera animée par 20 clubs à partir de la prochaine séquence.

Zetchi, patron de la FAF, a opté pour la démarche démocratique afin de consolider sa posture fragilisée. Si le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a voulu faire avorter le processus en refusant d’accepter qu’une Assemblée générale Extraordinaire (AGEx) soit tenue pour statuer sur la suite à donner à l’opus 2019-2020, l’instance footballistique a trouvé la parade. En effet, elle a opté pour la consultation écrite afin de trouver une solution consensuelle à laquelle la majorité des décideurs de la balle ronde nationale pouvaient participer. C’est alors que les 112 membres de l’AG ont été destinataires d’un formulaire qui comprenait deux alternatives: la « A » et la « B » portant sur la poursuite et l’arrêt de la saison dans l’ordre.
Si la seconde option est considérée, il fallait aussi choisir entre la saison blanche (résultats de la saison 2019-2020 annulés) soit la proposition B1, la désignation des lauréats, clubs qui accèdent et ceux qui rétrogradent et enfin désignation des lauréats (B2) ou le cas (B3) dans lequel des clubs accèdent mais sans relégation. La tendance est, selon des fuites, clairement pour cette dernière configuration qui arrange la majorité écrasante. Quand on offre quatre places de plus dans le palier suprême et 20 autres en D2, cela ne peut qu’être alléchant.

Abstention et tensions
Après examen, l’organe chargé de gérer la balle ronde national a révélé, sur son site officiel, que 96 membres sur l’ensemble des 112 (85.7%) composant l’assemblée générale de la Fédération algérienne de football (FAF), se sont exprimés contre 16 qui se sont abstenus soit en ne s’exprimant pas ou en transmettant une fiche sans renseignements. Par ailleurs, la FAF a tenu à préciser que « parmi les 16 membres qui ne sont pas exprimés, les 13 membres du Bureau fédéral n’ont pas été consultés car qui n’ont pas de voix délibérative, conformément aux statuts de la FAF.» Parmi ceux qui ont boudé cette opération, il y a Mohamed Raouraoua, ancien homme fort de la discipline, l’ES Sétif ainsi que Mohamed Zerouati, président de la JS Saoura, et son homologue Chérif Mellal de la JS Kabylie. Ces deux derniers s’en sont pris frontalement à Zetchi. Zerouati a jugé que « cette consultation n’est autre qu’une manipulation et du populisme servant à des fins personnelles afin de préparer le terrain pour les prochaines élections fédérales.»

Quelle réaction du MJS ?
De son côté, Mellal a carrément estimé que « le président de la FAF n’arrive pas à prendre une décision. Même si les statuts de la FAF permettent au BF de se prononcer dans le cas de forces majeures. Le championnat est à l’arrêt depuis 4 ou 5 mois, mais c’est toujours le statu quo. Le président de la FAF ne veut pas sauver le football algérien, il n’a qu’à démissionner, car il y a des hommes qui peuvent gérer notre football. Il est en conflit avec la LFP et le MJS et je me demande à qui profite cette situation.» Quant à la FAF, elle n’a pas voulu trop s’attarder sur ces tirs à boulets rouges. Elle a estimé que « cette opération s’est déroulée dans de bonnes conditions et s’est clôturée à la date prévue. La FAF retient avec satisfaction que la sagesse, le sens des responsabilités et la préservation des intérêts de tout le football algérien ont prévalu.»
Reste à savoir comment réagira le MJS à l’annonce des décisions définitives aujourd’hui. Surtout que le département ministériel avait envoyé une circulaire aux différentes fédérations nationales leur interdisant de modifier leurs statuts ou les modes de compétition avant la tenue des élections pour le nouveau mandat olympique. Et ce, conformément à la loi 13-05, relative à l’organisation des activités physiques et sportives et le décret exécutif 14-330, qui définit la manière de fonctionner des différentes fédérations sportives. On en saura un peu plus dans les prochaines heures. n