Le bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN) a signifié hier son refus à la proposition de modification de la loi sur la retraite formulée par le groupe parlementaire du Mouvement de la société pour la paix (MSP). Ce refus n’a pas été du goût du parti

islamiste, qui récuse les explications fournies par le bureau de la chambre basse du Parlement sur sa proposition d’amendement portant sur la loi régissant la retraite anticipée. Pour le député Nacer Hamdadouche, la proposition d’amendement faite par son parti « a respecté toutes les conditions », dénonçant une entrave à l’exercice parlementaire. Le député du MSP estime que le bureau de l’Assemblée s’est transformé en autorité de contrôle du travail des parlementaires, qualifiant le procédé d’arbitraire. Raison pour le même député de conclure à un musellement des prérogatives des législateurs.
M. Hamdadouche soutient qu’un tel agissement de la part du bureau de l’Assemblée contredit les accusations émises par les formations de la majorité évoquant un manque de propositions de la part des partis de l’opposition.
Le député du MSP n’a pas manqué l’occasion pour critiquer « la majorité parlementaire», regrettant par ailleurs «l’absence de pratiques démocratiques au sein de l’institution parlementaire ».
Le projet de loi modifiant et complétant la loi 12-83 du 2 juillet 1983 relatif à la retraite avait été adopté par la majorité des membres de l’assemblée populaire nationale (APN). Il faut rappeler que la révision en 2016 de la loi sur la retraite avait soulevé la désapprobation de certains groupes parlementaires notamment ceux du Parti des travailleurs (PT) et du Front pour la justice et le développement (FJD) et du Front des forces socialistes (FFS).
Le texte de loi qui a été adopté après l’introduction d’un amendement présenté par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, annonce une période transitoire de deux années pour accorder le droit de bénéficier de la pension de retraite aux travailleurs âgés de 58 ans et plus en 2017 et de 59 ans en 2018 et ayant totalisé au moins 32 années de service effectif. L’amendement, introduit sur orientation du président de la République, stipule que « sans préjudice des dispositions de la loi, il est possible, d’attribuer pendant deux années la pension de retraite, avec jouissance immédiate au profit des travailleurs salariés, âgés de 58 ans en 2017 et 59 ans en 2018 et qui ont totalisé 32 années au moins de service effectif ayant donné lieu au versement de cotisations ».
Le droit à la pension de retraite est concédé, dans ces cas précis, à « la demande exclusive du travailleur salarié », prévoit encore l’amendement.