Robinho était titulaire pour le déplacement de l’Istanbul Basaksehir à Trabzonspor hier. Presque une anomalie dans une saison très pénible pour le Brésilien. Et la confirmation qu’à 36 ans, l’ancien du Real Madrid, tombé dans l’anonymat, est arrivé au bout de sa carrière. Qu’est-ce que vous évoque Robinho ? Ses débuts de crack au Brésil ? Son expérience au Real Madrid entre 2005 et 2008 ? Son arrivée
très commentée à Manchester City en 2008 ? Ou encore ses quatre saisons au Milan AC entre 2010 et 2014 ? Chacun a certainement en tête un geste de ce dribbleur si… brésilien dans le style. Mais une chose est sûre : peu sont ceux qui ont des souvenirs détaillés de Robson de Souza – son nom complet – après 2014. Car cette année de Mondial au Brésil, a été celle de ses adieux au gratin du football européen. Après des passages remarqués bien qu’irréguliers dans trois championnats majeurs du Vieux Continent, l’idole de Neymar s’est petit à petit enfoncée dans l’anonymat. Santos, Guangzhou Evergrande Atlético Mineiro Sivasspor et maintenant Istanbul Basaksehir. Voici le parcours de l’homme aux 100 sélections avec le Brésil depuis qu’il a quitté Milan. A 36 ans, Robinho arrive évidemment au bout de sa carrière. Mais il le fait de manière peu glorieuse. S’il était titulaire pour le déplacement de Basaksehir à Trabzonspor hier, c’est avant tout parce qu’Oman Buruk, son entraîneur, devait se passer des services… d’Enzo Crivelli, qui est nettement devant lui dans la hiérarchie des attaquants, tout comme Demba Ba ou encore Edin Visca.
Une longue descente vers l’anonymat
Cette saison, l’ancien coéquipier de Raul et compagnie n’avait disputé que 18 matches toutes compétitions confondues, sans aucun but ni aucune passe décisive. En championnat, son bilan était de huit apparitions, pour trois titularisations. Un bien triste exercice freiné par une blessure au mollet mais également des non-convocations pour raisons purement sportives. Il y a pourtant de quoi faire, dans une écurie à la lutte pour le titre – le club stambouliote, deuxième, est à égalité de point avec le leader qu’il affronté hier – et bien parti pour se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue Europa.
Mais c’est bien le chemin de la sortie qui a été montré – en vain – au Brésilien lors du mercato hivernal. Le nom de ses prétendants il y a quelques semaines ? Santos, le club iranien de l’Esteghlal Téhéran et… Sivasspor, club qui lui a fait découvrir la Turquie. Et qui lui a refait les yeux doux cet hiver. On comprend pourquoi, d’ailleurs. Car c’est avec le club de Sivas que l’intéressé a, de janvier 2018 à janvier 2019, enregistré son meilleur ratio matchs disputés/buts en carrière (2,5), avec 12 réalisations en 30 matches, pour cinq passes décisives.
Condamné à neuf ans de prison
Mais Robinho n’aime visiblement pas la stabilité et a quitté ce relatif confort en milieu de saison dernière, un an après une arrivée presque forcée par une sombre affaire. Car si l’ex-madrilène a rejoint la Turquie, c’est qu’il a quitté le Brésil. Et s’il a quitté le Brésil, c’est parce que l’Atlético Mineiro l’a libéré de son contrat après sa condamnation en novembre 2017 à neuf ans de prison par un tribunal italien, pour des faits de viol en réunion remontant en 2013.
Il avait alors interjeté appel, avec encore deux niveaux d’appel possible avant une éventuelle procédure d’extradition. S’il est en fin de contrat en juin avec Basaksehir, c’est peut-être hors des terrains qu’on entendra de nouveau parler de lui dans les mois à venir… n