Le vaccin contre la Covid-19 confirme son impact positif sur le marché pétrolier. Les premières campagnes de vaccination renforcent l’espoir chez les investisseurs quant à un rebond de la demande mondiale, notamment celle lancée hier par les Etats-Unis, première puissance économique mondiale et gros consommateur de brut.

Par Feriel Nourine
Une opération dont la réplique s’est fait ressentir dès le premier jour de la semaine avec des cours encore plus forts qu’à la clôture du marché, vendredi. Hier, en milieu d’après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février s’affichait à 50,53 dollars sur le marché de Londres, en hausse de 1,12%. Quant au WTI américain pour janvier, il valait 47,12 dollars à New York, progressant de 1,18%.
Ainsi donc, après avoir franchi le seuil symbolique des 50 dollars, en fin de semaine dernière, la référence européenne bénéficie de plus en plus d’atouts de s’y maintenir et même de monter plus. L’annonce du vaccin par plusieurs laboratoires dans le monde, puis l’entame de la vaccination augurent de jours meilleurs pour l’or noir, et «les investisseurs sont convaincus que le vaccin ramènera la situation à la normale et la demande de pétrole va s’accélérer, note Naeem Aslam, d’Avatrade.
«Il ne fait aucun doute que le déploiement du vaccin aura un effet positif sur la demande de carburant routier et, à terme, de carburant pour l’aviation», estime pour sa part Stephen Innes, d’Axi, en faisant référence aux Etats-Unis où près de trois millions de doses devraient être disponibles entre lundi et mercredi, avec l’objectif de vacciner quelque 20 millions d’Américains avant la fin de l’année et 100 millions avant fin mars.
Affichant sa satisfaction vis-à-vis du vaccin anti-Covid-19, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires autour de l’Opep+ ne baissent pas pour autant la garde et maintiennent vigilance et prudence comme maître-mots de leur démarche visant à protéger le marché. D’où la nouvelle réunion de l’alliance qui viendra le 4 janvier relayer celle tenue début décembre courant, se soldant par la décision d’augmenter graduellement la production.
Le rendez-vous du début de la toute prochaine année a été annoncé dimanche par le ministre de l’Energie et président de la Conférence de l’Opep, Abdelamadjid Attar, à l’issue de la séance de clôture des travaux de la 105e session du Conseil des ministres de l’Energie de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep), tenue par visioconférence.
«Les pays de l’Opep+ examineront, lors de cette réunion, la situation du marché pétrolier mondial pour prendre la décision d’augmentation de la production si les prix se stabilisent ou dépassent 50 dollars le baril», a déclaré M. Attar à la presse. Ajoutant qu’«il a été décidé de tenir une série de réunions chaque mois, à compter de février prochain, pour suivre la situation sur le marché pétrolier et parvenir progressivement à l’application d’une augmentation de la production plafonnée à 500 000 barils, quel que soit le prix du pétrole sur les marchés mondiaux».
Pour rappel, l’Opep+ avait décidé, après des négociations, d’augmenter la production pétrolière de ses membres de 500 000 barils par jour dès janvier prochain au lieu des 2 millions de barils par jour prévus dans l’accord d’avril dernier.
Concernant cette nouvelle session du Conseil des ministres de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep), elle a vu les ministres arabes de l’Energie compulser des rapports élaborés par l’organisation concernant l’état du marché mondial du pétrole et la transformation énergétique dans le monde, en particulier ce qui a trait au développement des énergies renouvelables et leurs répercussions sur les pays exportateurs de pétrole et la consommation énergétique.
«Le monde connaît une transition énergétique très importante affectant l’industrie pétrolière et gazière», a expliqué M. Attar, non sans relever «la nécessité d’examiner cette transition, afin de prendre les décisions nécessaires à l’avenir».
Lors de cette réunion, il a été convenu de confier la présidence de l’organisation pour l’année prochaine à l’Arabie Saoudite, représentée par son ministre de l’Energie, l’Emir Abdelaziz Ben Salmane.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de l’Energie a salué «les efforts consentis par les pays arabes exportateurs de pétrole dans le cadre de l’accord Opep+, à travers le plein respect des engagements de réduction de la production pour rééquilibrer le marché pétrolier et baisser autant que faire se peut les excédents de l’offre». L’Opaep, dont le siège se trouve à Koweït, a été créée en 1968 par le Koweït, la Libye et l’Arabie Saoudite. L’Algérie y a adhéré en 1970. L’organisation compte également dans sa composante les Emirats arabes unis, l’Irak, le Bahreïn, l’Egypte, le Qatar et la Syrie. <