Le marché du blé était fébrile, hier, où les prix étaient en retrait, affectés par une parité euro/dollar moins favorable et donc moins avantageuse à l’export. L’euro, au mieux de sa forme, s’apprécie face au dollar en dépit de nombreux commentaires évoquant les défis et les problèmes que devra affronter la zone euro.

En termes d’indications, peu avant midi, sur Euronext, la tonne de blé reculait d’un euro sur l’échéance de septembre à 180,50 euros et d’un euro également sur décembre à 184 euros, pour un peu plus de 8 000 lots échangés. La tonne de maïs, elle, était proche de l’équilibre, à savoir en recul pour août de 50 centimes à 170,50 euros, et de 25 centimes pour novembre à 171,75 euros, pour près de 400 lots échangés. Mais ce qui est perçu comme étant un désavantage plutôt défavorable pour l’export pourrait être – et est souvent- considéré comme un avantage pour l’import. Et cela pourrait constituer une très belle opportunité pour les pays importateurs de blé comme l’Algérie. Ainsi, c’est le moment ou jamais d’effectuer des opérations d’importation. L’Algérie a acheté entre 90 000 et 120 000 tonnes de blé pour répondre à des besoins complémentaires pour des chargements début juillet, relevait le cabinet Agritel, pour qui les prix pratiqués laissent supposer que l’origine France a été retenue. Elle l’a fait dans le cadre d’un avis d’appel d’offres international. L’Office algérien interprofessionnel, l’un des plus grands importateurs de céréales au monde, ne donne généralement pas de détails sur les appels d’offres qu’il lance pour en importer. Seuls certains négociants fournissent quelques estimations sur les quantités et le prix auquel celles-ci sont achetées. L’appel d’offres, qui a été clôturé jeudi dernier, était le deuxième avis que l’OAIC a lancé pour chercher du blé pour le mois de juillet, suggérant qu’il n’avait pas entièrement couvert ses besoins lors d’un précédent achat, selon les négociants, précise l’agence Reuters. L’Algérie avait importé, le 25 janvier dernier, 510 000 tonnes de blé meunier pour 219,79 dollars la tonne pour livraison en avril, alors qu’elle s’est procurée 390 000 tonnes de blé par le biais d’un appel d’offres international lancé par l’Office algérien interprofessionnel des céréales en avril dernier. Le pays consomme principalement du blé tendre mais cultive essentiellement du blé dur en raison de conditions climatiques plus favorables à cette dernière variété. il a l’ambition d’atteindre l’autosuffisance en blé dur, à l’horizon 2022. Mais, en attendant, il voit toujours sa facture alimentaire augmenter. La preuve, les importations de céréales, de semoule et de farine ont augmenté de 8,5% au premier trimestre 2018. La facture des céréales, semoule et farine, représentant plus de 36% des importations alimentaires de l’Algérie. Elle a grimpé au premier trimestre 2018 à 816,2 millions usd, contre 752,5 millions usd, soit une augmentation de près de 64 millions de dollars (+8,5%). La facture alimentaire, dans son ensemble, un des postes qui consomment le plus de devises, a atteint les 838 millions de dollars en janvier 2018 contre 747 millions de dollars durant la même période de 2017, soit une hausse de 12,2%. L’Exécutif en est certainement déçu.