En appelant à une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA), l’Algérie compte manifestement redonner vie à cette organisation qui n’arrive pas à réaliser les objectifs qui lui ont été assignés à sa création, il y a bientôt trois décennies.

Face à l’offre marocaine pour «un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation», donc dans un registre exclusivement bilatéral, l’Algérie propose la construction du Maghreb.
Le roi du Maroc avait appelé, début novembre, l’Algérie à un dialogue «direct et franc» en proposant la création d’un «mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation» pour «dépasser les différends» entre les deux voisins.
Mais visiblement, la réponse des autorités algériennes suggère une sorte de dépassement du cadre bilatéral pour aller vers la construction d’un ensemble régional qui ne manquera pas de répercussions positives non seulement pour les deux pays en question, à savoir l’Algérie et le Maroc, mais sur l’ensemble de la région.
Il est vrai que le registre bilatéral représente un facteur qui structure les relations diplomatiques dans lesquelles s’expriment les intérêts des uns et des autres. Mais, à n’en point douter, le format d’organisation en bloc et en ensemble régional, s’est vu imposer comme moyen et outil de développement et d’intégration régionale. Ce format d’organisation régionale a contribué, à travers le monde, à l’essor de nombreux pays, dont l’intégration régionale a eu des répercussions positives sur les pays membres.
L’appel de l’Algérie pour la tenue d’une réunion des membres du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA traduit incontestablement son attachement à ce cadre maghrébin qui aurait contribué à des niveaux de développement économique plus appréciables pour tous les pays de la région. Il exprime également une conviction algérienne quant à l’importance de l’intégration maghrébine, dans la mesure où c’est en s’intégrant qu’on donne corps à tout ce qui relève à première vue du bilatéral.
Faut-il souligner, à ce propos, que les conventions de partenariat sectoriel signées par les pays de la région ont peiné à produire l’effet escompté compte tenu du blocage qui marquait malheureusement le fonctionnement de cette organisation, devenue avec la persistance de son inertie, «une véritable coquille vide», selon des spécialistes.
L’appel d’Alger vise ainsi à relancer cette organisation maghrébine et réactiver ses instances tout en donnant une impulsion à l’action commune entre ses cinq entités.
Mais, il va sans dire que la volonté de relancer l’UMA ne saurait se concrétiser sans un Maghreb équitable et construit sur les bases mêmes qui l’ont vu naître au monde, notamment dans l’aspect évoquant le droit des peuples à décider eux-mêmes de leur sort.