La quantité d’eau emmagasinée par le barrage de Boukourdane, qui alimente 7 communes de la partie ouest et du centre de la wilaya de Tipasa, est au plus bas, avons-nous constaté, ce qui n’exclurait pas le recours à un rationnement de la distribution en eau potable pour préserver le peu qui reste.

Le taux de remplissage de ce barrage ne dépasse pas les 22 millions
de m3 alors que sa capacité théorique est de 90 millions de m3 et les responsables envisagent déjà d’utiliser le charbon actif car l’eau qui sera distribuée dans les prochains jours aura un goût et une odeur bizarres, comme cela a été constaté les dernières années dans des situations similaires. L’Agence nationale des ressources hydrauliques (ANRH) a, d’ailleurs, instruit les responsables du secteur de l’hydraulique et des ressources en eau de réduire la production d’eau et, par-delà, sa distribution, apprend-on au cours du premier conseil de wilaya consacré au programme d’actions du nouveau wali Hadj Moussa Omar, axé sur 7 secteurs prioritaires, à savoir l’hydraulique, les travaux publics, l’éducation, l’aménagement urbain, le logement, la santé et la population et l’habitat.
Le taux de remplissage actuel est, selon le directeur des ressources en eau (DRE), de 22 millions de mètres cubes, durant ce mois de février, ce qui représente une grande baisse comparée à celle de l’an dernier qui était de 38 millions de m3 à la même période, ce qui a permis de passer un été sans restrictions.
Les besoins annuels des 7 communes (Hadjout, Meurad, Sidi Amar, Sidi Ghilés, Cherchell, Nador et Tipasa, en plus du douar Khechni de la commune de Aïn Tagourait) alimentées en eau potable à partir de ce barrage, s’élèvent à 11 millions de mètres
cubes.
Un volume de 5 millions de mètres cubes est destiné à l’irrigation d’une partie de la Mitidja ouest, qui reste insuffisant selon les agriculteurs qui réclament toujours plus. Ce faible apport en eau au niveau du barrage de Boukourdane, en raison de la sécheresse qui sévit, est jugé inquiétant, car il sera suivi, forcément, de restrictions pour les populations concernées accentué par le nombre important des fuites d’eau dues à la défaillance des réseaux d’AEP, des branchements illicites et des coupures fréquentes d’électricité qui occasionnent des dégâts techniques, provoquant l’arrêt des équipements électriques. Il faut signaler que le barrage de Boukerdane est situé dans une zone semi-aride où les hautes barrières montagneuses, qui limitent le domaine oriental vers l’Ouest, privent la région des apports de pluies venant de l’Atlantique et réduisent la pluviométrie de cette région à 190 mm/an en moyenne. Il est implanté sur l’oued El Hachem dans la daïra de Sidi Amar, à 1 km au sud de cette agglomération. Le barrage est conçu pour mobiliser une capacité théorique de 96 hm3 alors que le taux de remplissage de ces dernières années ne dépasse pas les 50% en raison de son envasement et celui-ci est, plutôt, situé entre 27% et 44,72%.
Quant aux 17 communes de l’est de la wilaya, elles sont alimentées à partir de la station de dessalement d’eau de mer (SDEM) de Fouka, qui subit des arrêts répétitifs, provoquant des perturbations importantes de la distribution et la colère des citoyens en particulier en été. Au cours de la réunion du conseil de wilaya, le DRE n’a pas hésité à attirer l’attention du wali sur le fait que les arrêts programmés de la SDEM pour des raisons « d’entretien de l’usine de dessalement » se font de manière aléatoire, voire même anarchiques, comme cela s’est fait l’an dernier en pleine saison estivale avec une coupure de l’alimentation en eau potable de près d’un mois, et propose que ces arrêts se fassent durant ce mois de mars, par exemple, avant l’arrivée des estivants.
Pour préparer la population aux restrictions, les responsables de la Seaal, qui assure la gestion déléguée de l’eau dans la wilaya de Tipasa et d’Alger, ont organisé il y a un mois environ une visite guidée destinée à la presse au niveau de la station de distribution de l’eau de Sidi Amar. n