L’embellie que connait actuellement le marché pétrolier est une bonne nouvelle pour l’économie algérienne, dont le budget de cette année a été rectifié, bâti désormais sur un prix moyen de référence de 30 dollars le baril et un prix de marché de 35 dollars.

Le ciel semble commencer à s’éclaircir au-dessus du marché pétrolier grâce au déconfinement qui s’opère çà et là et les espoirs d’une reprise de l’économie mondiale. Les prix du baril de référence aux Etats-Unis continuaient de progresser, hier, aidés par les réductions de la production et la perspective d’une reprise de la demande à mesure que les pays se déconfinent et relancent leurs économies. Vers 14H05 GMT (16H05 à Paris), le baril américain de WTI pour livraison en juin grimpait de 10,30% à New York par rapport à la clôture de vendredi, à 32,46 dollars. Il avait franchi dès le début de séance le seuil symbolique des 30 dollars, une première depuis le 17 mars. A Londres, celui de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait de son côté 34,69 dollars, en hausse de 6,74%, peu après avoir frôlé les
35 dollars. La semaine passée, le Brent est monté de 5% et le WTI a décollé de 19%, après avoir déjà terminé en hausse les deux semaines précédentes. C’est une bonne nouvelle pour l’économie algérienne, dont le budget de cette année a été rectifié, bâti désormais sur un prix moyen de référence de 30 dollars le baril et un prix de marché de 35 dollars. Les prévisions de l’évolution des cours du brut durant la seconde moitié de l’année, contenues dans le projet de loi de finances 2020, semblent se confirmer au fur et à mesure que les pays producteurs de pétrole respectent les quotas qui leur sont fixés par l’Opep+. A ces coupes dans l’offre pétrolière mondiale viendront s’ajouter les mesures de relance économique prise par certains gros consommateurs de brut, ce qui augure d’une reprise de la demande mondiale au pétrole dès le troisième trimestre de l’année. Avec cette hausse des prix au-dessus de 35 dollars le baril de Brent, pétrole de référence pour le Sahara Blend Algérie, le gouvernement peut envisager le second semestre de l’année avec les mêmes paramétrages contenus dans le PLFC, à la condition que les coupes prévues dans les deux budgets de fonctionnement et d’équipement soient exécutées à la lettre afin d’éviter que le déficit ne grimpe sous l’effet de la hausse des dépenses. Un baril de Brent à 35 dollars permettrait au gouvernement d’affecter les ressources avec les mêmes prévisions de recettes, lesquelles devraient s’établir à 5 395,5 milliards de dinars, à raison de 1 394,7 milliards de dinars de fiscalité pétrolière et
4 001,1 milliards de dinars de fiscalité ordinaire. Celle-ci est tributaire, en revanche, de la reprise de l’activité économique et de l’amélioration de la collecte des impôts. Les nouvelles taxes et mesures de relèvement d’autres impôts, figurant dans le PLFC, devraient concrétiser les objectifs de recettes prévues dans le même texte. En fonction de ces recettes, les dépenses du budget devraient baisser de 6%, à 7 372,7 milliards de dinars, à raison de 4 752,4 milliards de dinars pour les dépenses de fonctionnement et 2 620,3 milliards de dinars pour les dépenses d’équipement si les prix actuels du pétrole venaient à encenser les paramétrages du gouvernement, lui permettant ainsi de rester sur les mêmes prévisions de déficit budgétaire. Or, pour le déficit de la balance des paiements, un baril de Brent à 35 dollars serait insuffisant pour résorber le déficit courant et réduire ainsi l’érosion des réserves de change, intimement liées au déficit du solde global de la balance des paiements. Le PLFC table sur 17,7 milliards de dollars de recettes d’hydrocarbures et sur un déficit de -18,8 milliards de dollars de la balance des paiements. A moins de 35 dollars le baril de pétrole, le déficit de la balance des paiements devrait se creuser davantage, mais même une évolution des prix autour de 35 dollars en moyenne serait insuffisante pour résorber le déficit et ralentir la fonte du stock de devises, lequel pourrait s’épuiser dès 2021 si le déficit et le cours du brut restaient en l’état. Pour ainsi dire, si le prix du pétrole venait à évoluer autour de 35 dollars le baril, le gouvernement aurait plus de marges en dinars qu’en devises, dont l’évolution de recettes dépend exclusivement de la rentabilité du baril de Brent.<