De Ouargla, Ghellab Chahinez
Les conditions du passage du baccalauréat à Ouargla sont en train de devenir de véritables épreuves surhumaines pour les candidats. Systèmes de climatisation absents ou en panne, équipements défaillants ou mal entretenus, absence d’eau fraîche, coupure d’électricité répétée et manque de transport constituent le décor plus qu’inacceptable dû au manque de préparation à cet important rendez-vous pour des milliers d’élèves dans cette région du sud du pays.
La maintenance et l’entretien des systèmes de climatisation n’ont pas été effectués, selon le constat établi sur place et étayé par des témoignages. La majorité des appareils sont vétustes, mal entretenus et peinent à tempérer une chaleur à la limite du supportable pour des enfants déjà soumis à la pression des examens. Les nouveaux climatiseurs installés n’ont pas été mis en service dans de nombreux établissements pour cause d’incompatibilité avec le réseau électrique. Des salles d’examen dont 80% sont dépourvues d’air conditionné et exigent une endurance et une patience hors normes pour se concentrer sur les copies.
Résultat, des cris d’indignation et de colère pleuvent sur les pages des réseaux sociaux, depuis le premier jour. Face à ces conditions extrêmement difficiles, les habitants appellent à l’aménagement d’un calendrier spécial du baccalauréat pour les régions du Sud.
Contrairement aux déclarations des responsables de l’Education nationale au niveau local, les élèves dans de nombreux établissements à Ouargla et Hassi Messaoud ont passé les épreuves dans des salles à l’allure de fourneaux et sans eau fraîche, alors que la température à l’extérieur tutoie les 50° Celsius.
Fatigue, maux de tête, nausées transpiration et vertiges, ce dont ont souffert les candidats rencontrés hier à la sortie des centres d’examen.
Au CEM Sid-Rouhou, les candidates racontent leur souffrance : «On étouffe, les salles sont des fours et je sens que ma tête brule», lance l’une d’entre elles. «Pas d’air, pas d’eau fraîche, j’ai l’impression d’être enfer», se lamente son camarade en se précipitant vers le véhicule de son père.
Aux alentours de cette structure, des candidates se cachent dans les coins d’ombre de la rue pour se protéger du soleil avec l’espoir de trouver un taxi ou un transport en commun. Le transport dans de telles conditions se fait très rare.
Les mêmes conditions ont été constatées dans plusieurs autres centres d’examen, au CEM 17-Octobre dans la nouvelle ville d’El Khafdji, au lycée Malek-Benabi dans la commune de Rouissat, Beni Thour, Sidi Amrane, Aïn Beïda et d’autres.
A Hassi Messaoud, les candidats du lycée Slimani-Hama-Laïd ont vécu les pires jours de leur vie, nous racontent certains parents. Chaleur intense, murs et bancs brûlants, système de climatisation défaillant, absence d’eau fraîche sont dénoncés comme des «conditions infernales» ne permettant pas aux candidats, «sauf miracle», de bien passer les épreuves. «Les cas de malaises, de fièvre et de suffocations sont nombreux, témoigne le docteur Afcil. «S’ils critiquent le taux bas de réussite dans le Sud, il faut qu’ils viennent voir les conditions extrêmes dans lesquelles nos enfants passent les examens», nous lance une mère d’élève. n