Le taux de réussite à l’examen du baccalauréat de la session 2019-2020 au niveau national de 55,30% annoncé par le ministère de l’Education nationale a surpris plus d’un dont les syndicats du secteur, et ce, pour différentes raisons, notamment les conditions qui ont caractérisé l’année scolaire précédente, les conditions d’examens, mais surtout en raison de la baisse de la moyenne à 9/20 pour l’obtention du baccalauréat.
Pour le porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), Abdelouahab Lamri Zeggar, le taux national de 55,30% de réussite au bac est un résultat «surprenant» et «faible» mais qui a tout de même ses justificatifs. «Nous avons été surpris au niveau de notre Union quant à ce résultat que nous estimons faible, surtout si l’on considère que les épreuves ont concerné les cours dispensés sur deux trimestres seulement et surtout aussi si l’on considère que la moyenne d’obtention du bac a été fixée à 9/20», a-t-il déclaré. «Nous nous attendions à ce que le taux de réussite au bac soit plus élevé, voire très élevé à tel point que les Universités ne trouveraient même pas où caser les nouveaux étudiants. Mais finalement, nous avons eu un résultat faible», a-t-il ajouté. Cependant, loin de jeter la pierre aux candidats qui n’ont pas bien travaillé à cet examen, il estime que ceux-ci ne peuvent pas être vraiment considérés comme de mauvais élèves. «D’un côté nous avons un résultat faible mais, d’un autre côté, il y a des excuses que nous donnons aux candidats qui n’ont pas réussi. Il faut que nous reconnaissions qu’ils ont arrêté les cours pendant une période assez longue, de six mois, et par conséquent, il est très difficile de les faire replonger dans l’atmosphère des études, notamment des examens. En fait, c’est comme un footballeur qui reste longtemps loin du terrain et dont les performances et le rendement sont visiblement moindres lorsqu’il reprend la compétition», a considéré le porte-parole de l’UNPEF.
C’est pratiquement la même appréciation mais avec quelques différences au niveau du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), selon son coordinateur national, Meziane Meriane. «Je m’attendais à ce que le taux de réussite au bac soit plus élevé que 55,30% car les élèves ont été évalués sur deux trimestres, ils ont eu plus de six mois de révision, sans oublier que la moyenne d’admission ou d’obtention du bac a été rabaissée à 9/20. Sincèrement, je m’attendais à un résultat beaucoup plus important», a-t-il expliqué.
Ce qui peut être déduit de ce résultat, selon notre interlocuteur, c’est que les élèves «n’ont pas mis à profit les six mois pour réviser correctement. Ils n’ont pas été bien pris en charge par la tutelle pendant ces six mois, de même que les parents étaient démissionnaires et n’ont pas été derrière leurs enfants pour les encadrer à bien réviser». Pour lui, le taux national est faible et s’il n’y avait pas la moyenne rabaissée à 9/20 il aurait été encore inférieur à 55,30%.
Pour «un bac de qualité»
Ceci dit, poursuit Meziane Meriane, «au-delà des chiffres, il faudra penser à un baccalauréat de qualité pour avoir des cadres de valeur, des cadres gestionnaires de l’Algérie à l’avenir». «Il faudra penser à avoir un bac de valeur», a-t-il résumé.
Par ailleurs, la filière «mathématiques» a réalisé un taux de réussite de 80,22% à l’échelle nationale, soit le taux le plus élevé par rapport aux autres filières qui enregistrent un taux de 67,78% pour la filière langues étrangères, de 58,48% pour la filière technique mathématiques, de 56,97% pour les sciences expérimentales, de 52,60% pour la littérature et philosophie et, enfin de 38,09% pour la gestion et économie, selon le ministère de l’Education nationale.
Le constat est que l’écart est assez important entre la filière «mathématiques» et les autres. Pour le porte-parole de l’UNPEF, «ce résultat pour la filière mathématiques est assez normal et même habituel. Ce sont des classes qui sont connues pour avoir toujours eu le taux de réussite le plus élevé, ce n’est pas nouveau». Il insiste que «ce sont les meilleurs élèves au niveau des lycées». En outre, il faut savoir qu’il y a, en général, «un maximum de 20 élèves par classe car beaucoup fuient cette filière et ne restent finalement que les meilleurs élèves. Par conséquent, comme on a toujours vu, ils décrochent en général leur bac sans aucun problème», a expliqué Abdelouahab Lamri Zeggar.
Ces propos et explications sont confortés par le coordinateur du Snapest. Meziane Meriane soutient lui aussi que la filière «mathématiques» a toujours eu un résultat satisfaisant. «Je pense que cette filière a toujours évolué avec de bons résultat, vu les conditions dans lesquels évoluent ces élèves, de même que ceux des filières sciences ; ils sont entre 15 et 20 élèves par classes seulement. Il n’y a pas surcharge des classes, ce qui est un facteur très important pour l’apprentissage. Ajoutez à cela un autre facteur : déjà en première année secondaire, ils étaient déjà excellents en mathématique et en physique, c’est pour cela qu’ils ont orientés en mathématiques, en sciences exactes et technique mathématiques». Il ajoutera que «les sujets du bac étaient acceptables, du niveau du bac. Ce sont donc autant de facteurs et de données qui expliquent et justifient leur résultat», a-t-il conclu. n