Jacky NAIDJA avec Inès Iliana
Le Festival de Cannes, n’ayant pas eu lieu l’an passé dans les conditions habituelles à cause des risques de la pandémie du coronavirus, est de retour sur la Croisette du 6 au 17 juillet 2021 pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Spike Lee, président du jury, en bon fidèle du festival, a tenu ses engagements pris en 2020 pour présider le jury et confirmé sa présence. Il accompagnera donc cette 74e édition avec toute sa faconde pour célébrer le cinéma et la création, durant 12 journées de ferveur. Spike Lee, en nouveau président, décernera donc la palme d’or au milieu de son jury à l’issue du palmarès, le samedi 17 juillet, lors de la cérémonie officielle de remise des prix. Il succède à Alejandro Inarruti qui a attribué, en 2019, la palme d’or à « Parasite », le film du réalisateur coréen Bong Joon-ho. En attendant, le comité de sélection continue de visionner les nombreux films qui affluent encore au festival, alors que la sélection officielle et la composition du jury ne seront connues que début juin lors de la conférence de presse habituelle. Et pour le moment, ce sont les accréditations qui battent le plein depuis leur ouverture le 15 mars sur le site du festival. Pour rappel, Spike Lee, de son vrai nom Shelton Jackson Lee, né en 1957 à Atlanta, est réalisateur, scénariste, acteur et producteur. Ses débuts d’auteur sont plutôt marqués par des scénarios où il impose sa signature dans un mélange des genres particulier et passionnant. Voilà 30 ans au moins depuis son 1er film « Nola Marchy » en 1986, prix de la jeunesse à la quinzaine des réalisateurs que Spike Lee n’en fait qu’à sa tête, à l’exemple de « She’s Gotta haver », une satire sentimentale à l’allure sociologique. Puis vinrent ses longs métrages mêlés à la culture urbaine new-yorkaise, dont deux principalement : Do the Right Thing en 1989 et Jungle Fever en 1991, qui sont invités à Cannes. Bien plus tard en 2018, Spike Lee revient en compétition avec BlackKlausman. Le film est couronné par le Grand prix puis par le premier Oscar du meilleur scénario. Mais c’est plus les enjeux de son époque qui vont l’attirer, comme la représentation des Noirs dans les médias « The Very Black Show » ou « She Hâte me » devenus films cultes, amenant au cinéma contemporain les questionnements et les révoltes de l’époque. Et mieux, les ancrer dans les histoires de la société américaine et livrer sans cesse un discours universel sur la tolérance, la fraternité, « Gest on the Bus » ou le pardon, « He Got Game », « Malcolm X », ou le poème, « la 25e heure », et même un thriller hollywoodien pur, « Inside Man », sans oublier tous ses documentaires. L’artiste, engagé, enragé est celui qui a ouvert la voie à une nouvelle génération de réalisateurs afro-américains à l’instar de Ryan Barry Jenkins ou Ava Duvernay, avec toujours le poing levé en signe de victoire. Il reste l’homme aux allures d’éternel teenager reconnaissable à ses baskets, sa casquette et ses lunettes rondes. Nommé président du jury du festival en 2020, il a assuré « qu’il était fier et surpris mais très heureux de revenir à Cannes au festival qui a favorisé sa consécration de cinéaste mondial ». n