C’est la fin du premier trimestre dans les trois paliers scolaires d’une année marquée du sceau de «l’exceptionnel» à cause du contexte sanitaire. Les examens se sont déroulés au pas de charge, selon plusieurs syndicats des enseignants, pour tenter de respecter la période fixée, du 28 février au 4 mars, par le ministère de l’Education nationale même si certains établissements ont été contraints de la dépasser. Les résultats sont plutôt inquiétants, selon des syndicalistes des enseignants des trois paliers.

Ces derniers, contactés par Reporters, ne se disent pas «étonnés des faibles résultats» des élèves suite aux lacunes générées par l’abandon de l’école sur une longue durée suite aux mesures de confinement.
Selon M. Zeggar de l’Unpef, «à ce jour, les rapports parvenus font ressortir que les résultats des examens sont plutôt faibles pour ne pas dire catastrophiques». Pour ce dernier, cela peut s’expliquer en partie «en raison du confinement qui a contraint nos élèves à ne pas terminer les programmes de l’année scolaire 2019-2020 scolaire». Il a, par ailleurs, indiqué que «les enseignants de nombreux établissements n’ont pas pu terminer le programme et de nombreux élèves n’ont pas su répondre à quelques questions lors des examens».
M. Zegar s’est dit en outre étonné que «les concepteurs des sujets n’ont pas pris en compte certaines données comme le fait que dans certains établissements, le système de groupe a, non seulement, réduit considérablement le volume pédagogique, mais aussi imposé un rythme difficile à suivre chez les élèves». Et de conclure dans ce sens : «Ce qui explique les écarts dans les résultats des examens d’un établissement à l’autre.»
Pour sa part, M. Boudiba, porte-parole de Conseil national autonome de personnel enseignant de secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), estime que les examens se sont bien déroulés «bien que certains établissements, dont le nombre de groupes par classe est supérieur à d’autres, ont dû étaler les examens au-delà de la date limite».
Il rapporte par ailleurs que les sujets d’examen ont été en moyenne bien assimilés par les élèves, mais contrairement à son homologue de l’Unpef, les résultats comptabilisés jusqu’ici «ne diffèrent pas de ceux du second trimestre de l’année précédente», a-t-il précisé.
Par contre, il a tenu à rappeler que les enseignants n’ont devant eux que six jours pour corriger les copies d’examen et rendre les résultats au plus tard le jeudi 11 mars, date qui correspond à la veille des vacances scolaires. Soit une semaine consacrée à la correction des sujets d’examen et l’autre à faire la mise au point». Autrement dit, «les enseignants ont dû travailler dur pour être au rendez-vous de la date fixée», a souligné M. Boudiba.
Meriane Meziane, du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), a, pour sa part, insisté sur le fait qu’il est devenu important de faire une analyse poussée des résultats des examens de ce trimestre.
«Pour l’heure, il est indéniable que les élèves accusent des retards pour les raisons que l’on connaît. Devant ce constat, il est indiqué de trouver un palliatif. La procédure la plus idoine serait de rattraper le retard en trois phases dans chacun des paliers scolaires», a-t-il préconisé.
A propos des prochaines vacances scolaires, le syndicaliste estime que ce sera à la fois l’occasion pour les élèves de souffler et de remplir leur batterie afin de se préparer pour le second trimestre.
Sur ce dernier point, Meriane Meziane rapporte que «le second trimestre va se terminer contrairement à ce qui se dit ici et là, à la veille des examens de la sixième, du BEM et du Bac». Autre sujet soulevé par ce syndicaliste, celui de certaines revendications du corps enseignant relatives aux conditions de travail. «Nous sommes en pourparlers avec le ministère pour tout au moins travailler dans de meilleures conditions car le système de groupe de classe a mis à rude épreuve les enseignants des trois paliers». «Il faudra donc trouver des solutions», a-t-il lancé. <