La campagne électorale des législatives du
12 juin prend fin aujourd’hui. Les prétendants, entre listes partisanes et les indépendants, ont redoublé d’efforts ces derniers jours pour convaincre le potentiel des électeurs alors que la campagne était invisible et inaudible durant ses deux premières semaines, notamment dans la capitale et ses environs.

PAR NAZIM BRAHIMI
Il a fallu donc les ultimes jours de l’opération pour voir les staffs de campagne remplir leurs cases respectives sur les panneaux d’affichage où sont mis en évidence les diplômes et les qualifications de candidats.
Cette élection reste marquée par la participation de 837 listes indépendantes alors que celles des formations politiques ne dépassent pas les 646, ce qui constitue une nouveauté dans le champ électoral du pays. L’autre caractéristique de ce scrutin est incontestablement l’absence des partis politiques du courant démocratique qui ont tous tourné le dos à cette échéance, lui préférant une période de transition et un processus constituant maintes fois désapprouvés par le pouvoir politique.
Présents dans l’hémicycle Zighout-Youcef avant la dissolution de la chambre basse du Parlement, le FFS et le RCD ne figureront pas dans la prochaine représentation parlementaire, tout comme le PT qui a décidé de la démission de ses députés fin mars 2019. Chez ces formations politiques l’option du boycott est motivée par la dynamique et la demande de changement exprimées depuis février 2019, estimant qu’une élection électorale ne peut pas constituer une réponse à la contestation populaire. Ce n’est pas l’avis d’autres formations politiques qui ont opté pour la participation, jugeant plus judicieux de donner au Hirak un prolongement dans les institutions de l’Etat considérant «inopportun» de laisser le champ libre aux sigles et figures de l’ère Bouteflika.

Tous les partis islamistes de la partie
Du côté des islamistes, tout le monde est de la partie. Leur forte présence dans cette joute n’a pas manqué d’ailleurs d’alimenter les prévisions selon lesquelles on se dirigerait vers un Parlement aux couleurs islamistes. Un scénario qui ne sera confirmé ou infirmé qu’à la proclamation des résultats par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), qui encadre à l’occasion son troisième vote après la présidentielle du 12 décembre 2019 et le référendum constitutionnel du 1er novembre 2020.
Certains parmi les islamistes ne cachent pas leurs ambitions électorales. C’est le cas notamment du MSP dont le président n’a pas cessé d’évoquer l’après-législatives et le rôle que pourrait tenir son parti y compris dans la composition du futur gouvernement. Pas loin du MSP, c’est Abdelkader Bengrina, président du mouvement El Bina, qui nourrit lui aussi de grandes ambitions dans cette compétition électorale dans laquelle son parti se lance en solo pour la première fois après sa participation, en 2017, dans une alliance de partis islamistes qui a pu hériter, chemin faisant, de la présidence de l’APN, confiée à Slimane Chenine pour clore le feuilleton de feu Saïd Bouhadja.

Proximité et TIC
Sur la forme, les prétendants ont eu recours notamment aux sorties de proximité et à l’usage des réseaux sociaux à travers les nouvelles technologies de l’information et de la communication. En ce qui concerne les manifestations publiques qui marquent souvent ce genre d’échéances, il semblerait qu’à l’exception de quelques partis assez structurés et habitués aux scrutins, le reste des nouveau-nés du paysage politique avaient d’énormes difficultés dans cet exercice.
Cela se vérifie à travers la faible affluence enregistrée dans leurs activités de campagne pour les partis qui ont fait le pari de programmer des meetings. Dans ce registre de mobilisation, c’est vraisemblablement, le MSP qui peut se targuer d’avoir réussi à drainer des foules considérables dans les ultimes jours de la campagne qui, de manière générale, était plutôt terne et sans attrait. Du côté du FLN et du RND, les deux anciens partis de la majorité sous Bouteflika, c’est la grande inconnue aussi bien en termes de capacités et de mobilisation populaire qu’en ce qui concerne l’adhésion ou pas des structures partisanes respectives surtout s’agissant du chef de l’ex-parti unique, objet d’opposition interne. En tout état de cause, à quatre jours du rendez-vous, le scrutin législatif demeure «bourré» d’inconnues particulièrement le taux de participation, les potentiels vainqueurs… Mais, à l’évidence et quelle que soit l’issue de cette élection, l’exécutif est d’ores et déjà dans les communales pour lesquelles le corps électoral sera convoqué au mois de septembre pour renouveler les assemblées locales. Le scrutin local sera alors programmé dans les 3 mois succédant à la convocation du corps électoral. <