Les déficits budgétaires et extérieurs se sont creusés en 2020 alors que les réserves de change sont à un niveau adéquat. Elles ont baissé de 62,8 milliards de dollars, en 2019, à 48,2 milliards de dollars, en 2020. Une reprise est en cours et une croissance à 3% est projetée en 2021. L’inflation s’est accélérée pour atteindre, en 2021, 4,1% sous l’effet de l’augmentation des prix des produits agricoles sur les marchés internationaux et l’épisode de sécheresse en Algérie». La mission avertit, «la persistance de déficits budgétaires (importants) engendrerait des besoins de financement sans précédent et épuiserait les réserves de change, présentant des risques pour l’inflation et la stabilité financière et, globalement, la capacité des banques à financer l’économie serait fortement entravée. Ce qui aurait des conséquences négatives pour la croissance». Le FMI, comme à l’accoutumée dans ses évaluations, a émis une série de recommandations. «Malgré le rebond de l’économie et une nette amélioration du solde extérieur (balance commerciale, balance des paiements), il reste urgent d’établir une stabilité macro économique et une marge de manoeuvre en protégeant les groupes les plus vulnérables et en soutenant la reprise économique», rapporte Geneviève Verdier. En somme, la mission recommande un ensemble complet de politiques budgétaires, monétaires et de taux de change au gouvernement afin de réduire les vulnérabilités de l’Algérie. Ces suggestions incluent un ajustement budgétaire qui donne la priorité aux mesures de protection des plus vulnérables, allusion à la réduction des subventions, échelonnée sur plusieurs années. Cet ajustement devrait porter également sur l’amélioration du recouvrement des recettes fiscales, à la réduction des dépenses et sur l’efficacité de ces dépenses. La mission suggère la diversification des sources de financement, y compris le recours à l’emprunt extérieur. «Une flexibilité du taux de change permettrait de renforcer la résilience aux chocs extérieurs et le resserrement de la politique monétaire afin d’atténuer les pressions inflationnistes». Pour Geneviève Verdier, l’Algérie n’exclut pas l’endettement extérieur pour les grands projets d’investissements dit structurants. Elle a laissé entendre que l’Algérie, dans sa situation économique et financière, peut accéder aisément aux financements sur les marchés internationaux. La chef de mission du FMI en Algérie et chef de division au département Moyen-Orient Asie centrale du FMI, a reconnu que la situation de l’emploi en Algérie s’est fortement dégradée et que la reprise de l’investissement pourrait réduire l’augmentation du chômage enregistré en 2020 et 2021. Mais que la situation des banques (problème de leur bilan) pourrait entraver le financement du secteur privé et donc la croissance de l’économie, et partant la création d’emplois.K. R.