Le sélectionneur national se trouve au milieu des spéculations concernant son avenir sur le banc de l’équipe nationale. Ses propos en conférence de presse après l’élimination retentissante dans le tour des éliminatoires de la prochaine Coupe du Monde face au Cameroun mardi dernier font converger la possibilité vers un départ. Analyse.

Par Mohamed Touileb
Après deux revers de rang avec l’élimination précoce de la CAN et l’échec dans la conquête d’un ticket pour le Mondial, on a l’impression que quelque chose s’est définitivement cassé au sein de l’équipe nationale. Belmadi n’a pas pu signer de rémission après le gros ratage dans la Coupe d’Afrique des nations.
Dans le football, entre la gloire et la désillusion, le fil est mince. Et mardi dernier, nous l’avons appris à nos dépens. Le discours et ces lignes pouvaient être tout autres si les Fennecs avaient tenu 50 secondes. Mais le but camerounais a changé les destins de tout un chacun. Spécialement celui de Belmadi qui serait certainement resté au moins jusqu’à la fin de la 5e participation en Coupe du Monde.

La possibilité de jouer le Mondial l’avait retenu
Disputer la prochaine édition du rendez-vous planétaire lui tenait à cœur. C’était même ce qui l’avait incité à rester après le départ de Kheireddine Zetchi de la tête de la Fédération algérienne de football (FAF). En effet, si cet enjeu ne subsistait pas, le driver d’« El-Khadra » aurait certainement plié bagages. Surtout après s’être vu contraint de se passer de Zetchi sur injonction de la sphère politique.
Au milieu des tensions et malgré la présence d’un nouveau collaborateur, à savoir Charaf-Eddine Amara, avec qui le courant ne passait pas, le successeur de Rabah Madjer s’est accroché au rêve mondialiste pour s’auto-persuader de rester aux commandes techniques.

Trois ans c’est long
Désormais, il faudra attendre près de 4 ans avant de voir l’occasion de disputer une Coupe du Monde. Un laps de temps relativement long. Surtout avec le remue-ménage prévu au sein de la fédération en conséquence de la démission d’Amara.
On imagine mal Belmadi être mêlé à de nouvelles décisions liées à la politique et se consacrer, parallèlement, à trouver la bonne cure footballistique après une élimination tragique. De plus, avant de pouvoir postuler pour une participation à la messe planétaire, il y a la CAN-2023 dans laquelle il devra réaliser un bon résultat pour prouver qu’il a toujours la faculté de faire transcender ses protégés. Autrement, sa capacité d’assumer sa fonction sera de nouveau sujette à des interrogations.
Des cadres vieillissants
En parlant du groupe, il faut savoir que c’était la dernière chance de pouvoir participer à la CDM avec le gros de l’ossature de la sélection qui a régné sur l’Afrique. Le driver des « Guerriers du Désert » a ses constantes et idées. Il n’a pas trop changé sa composante depuis le triomphe continental. Les M’Bolhi (36 ans), Slimani (33 ans), Mahrez (31 ans), Mandi (31 ans), Benlamri (32 ans) outre Belaïli (30 ans) ne pourront pas être là pour aller à la conquête de la scène internationale comme il le désirait tant. Après l’épopée égyptienne de 2019, on pouvait palper la persuasion de Belmadi de pouvoir aller au Qatar. Il comptait y atteindre des stades avancés de la compétition car sûr de la force de ses troupes. Aujourd’hui, même la première partie de la projection n’a pas été accomplie.

Une histoire « tronquée »
Cependant, même si beaucoup d’éléments importants ne seront pas là, il y a de jeunes Verts qui ont beaucoup de potentiel pour aider l’équipe à se relever. On pense au Bennacer (24 ans), Zerrouki (23 ans), Bensebaïni (27 ans), Atal (25 ans), Ounas (25 ans), Touba (23 ans) qui jouissent d’un potentiel indéniable. Avec ces joueurs, Belmadi a de quoi reconstruire et faire une transition en douceur en vue du Mondial 2026 pour lequel l’Afrique devrait avoir 9 places au lieu de 5 actuellement avec le passage à 48 équipes. Clairement, le passage du technicien de 46 ans à la tête aura toujours un goût d’inachevé avec cette qualification ratée.

Sa cote quasi-intacte auprès des Algériens
Par ailleurs, malgré le récent échec face aux Camerounais, on a pu voir que les Algériens n’ont pas accablé celui qui a permis l’euphorie en ce mémorable soir de 19 juillet 2019 au Caire. La manière avec laquelle les Dz ont été éjectés de l’avion qui mène au Qatar n’est pas vraiment due à une défaillance tactique.
En effet, en allant s’imposer au stade de Japoma avec un dispositif inédit, l’ancien entraîneur d’Al-Duhail SC a montré qu’il avait une certaine faculté à se réinventer même s’il est souvent tombé dans l’immobilisme par le passé. Ainsi, la grande partie des supporters pense qu’il peut toujours être l’homme de la situation à condition qu’il prenne certaines importantes décisions.

Le départ d’Amara peut changer la donne
En parlant de décisions importantes, on doit rappeler la démission du patron de la FAF hier jeudi. Amara et Belmadi n’ont jamais vraiment été complices. Pire même, la relation entre les deux hommes était quasi-inexistante. Cela se résumait seulement aux apparitions protocolaires. Ne pas s’entendre avec le président de l’instance fédérale n’est jamais une bonne chose pour la progression de la sélection.
C’est pourquoi ce jet d’éponge d’Amara pourrait pousser l’ancien numéro 10 de l’Algérie à reconsidérer son départ. Mais cela dépendra forcément de celui qui sera le premier responsable de la balle ronde Dz. Des indiscrétions évoquent Djahid Zefizef, actuel manager de l’EN, comme potentiel futur boss.
En février dernier, Belmadi indiquait que « quand le président me dit que Labdi a été limogé, on a décidé de faire appel à Mr. Zefizaf. J’ai pu ressentir chez lui un gros professionnalisme et de l’expérience…Avec M. Zefizef, on a directement très bien avancé. J’ai pu ressentir chez lui une très grande expérience et un très grand professionnalisme ». La manière dont va se dérouler le processus électoral et l’identité de l’»élu» auront une conséquence directe sur la décision du coach. n