Après la série d’arrestations et d’emprisonnements opérés dans les plus hautes sphères de l’Etat et au sein des patrons d’entreprises, le temps est venu pour l’entame d’une série de procès dont personne ne peut prévoir ni la durée, ni l’issue. Ceci d’autant que, mis à part les chefs d’inculpation en masse retenus contre les prévenus, les collectifs d’avocats chargés de défendre ces derniers préfèrent opter pour l’économie des déclarations en conservant leurs atouts pour les plaidoiries dans les salles d’audience.
Cela étant, la programmation du premiers procès pour la journée d’hier, avant son ajournement, n’a pas été sans drainer la grande foule de citoyens venus se bousculer devant le grand portail du tribunal de Sidi-M’hamed pour assister à la comparution de plusieurs prévenus dont notamment le duo d’ex-Premiers ministres Ouyahia-Sellal.
Ces deux hommes forts de l’ère Abdelaziz Bouteflika constituaient en ce premier lundi de décembre la triste attraction du palais de Justice, et il fallait, à l’occasion, se réveiller très tôt, sinon ne pas dormir du tout la veille, pour espérer décrocher une place parmi l’audience.
C’est dire l’attrait que peut avoir ce genre de procès qui, plus qu’une affaire contre des personnes, il est celui de tout un système qui a régné, et mis à genoux le pays, pendant quatre mandats présidentiels.
Un procès programmé en pleine campagne électorale et qui faisait le plein d’audience alors que les candidats à la présidentielle trouvent énormément de peine à faire salle comble plein, ou du moins le demi-plein, des salles de meetings.
Il n’est d’ailleurs pas surprenant que certains parmi ces candidats n’aient pas laissé passer l’occasion et puiser dans l’opportunisme propre aux politiciens pour l’intégrer en temps fort de leurs discours d’hier et faire, eux aussi, procès à la corruption. Mais bien loin de l’audience à Sidi-M’hamed.