Pour lui, le but est obsessionnel. Baghdad Bounedjah a pu se faire une place en équipe nationale grâce à son flaire de finisseur. Même s’il évolue dans un championnat qatari que beaucoup jugent faible, l’international algérien a toujours donné cette impression de facilité qui lui a valu d’être appelé en sélection et devenir un indispensable sous les ordres de Djamel Belmadi. Cependant, depuis 8 rencontres maintenant, il est muet.

L’auteur de la réalisation qui a offert le sacre continental aux «Fennecs» a-t-il perdu son appétit ? Il semblerait que oui. Déjà, lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019, il n’avait inscrit que deux réalisations. Une face au Kenya depuis le point de 9.15m lors du premier tour et une autre, après une frappe contrée, contre le Nigéria en finale. Sur son chemin, il avait raté un pénalty lors du quart de finale quand les siens ont joué la Côte d’Ivoire. Séquence qui a failli compromettre l’aventure des «Verts» en Egypte. Mais heureusement que la fatidique série des tirs au but a tourné en leur faveur pour faire oublier ce qui aurait pu être un malheureux épisode. Ce tournoi relativement compliqué sur le plan individuel ne doit pas faire oublier que Bounedjah est très productif avec le maillot d’«El-Khadra». En 33 capes il a fait mouche à 15 reprises et délivré 4 offrandes. Un bilan plus que positif puisqu’il point à la 9e place du classement des meilleurs buteurs de l’EN. Ce qui n’est pas rien.

Courbe descendante
Toutefois, le sociétaire d’Al Sadd, qu’il a rejoint depuis il ya 4 ans et demi (décembre 2015) en provenance de l’ES Sahel (Tunisie) contre un chèque de 1.9 million d’euros, semble moins en réussite avec son club depuis ces derniers mois. Le 25 janvier 2020, c’était la dernière fois que le natif d’Oran a célébré un but. C’était sur penalty contre Al Shahania pour un succès 4 buts à 2. Depuis, plus rien en 8 sorties championnat et Ligue des Champions asiatique confondus. Une sacrée disette pour quelqu’un qui avait l’habitude d’affoler les compteurs. D’autant plus qu’avec le team de Doha il est ultra-productif comme l’illustre ses statistiques et ses 135 pions en 122 apparitions.

Sursis éphémère
Par ailleurs, ce trou d’air, atténué avec 3 passes décisives, est d’autant plus inquiétant parce que l’ancien sociétaire de l’USM El-Harrach n’a jamais mis autant de temps à battre le gardien adverse depuis qu’il a quitté le championnat d’Algérie pour celui de la Tunisie en juillet 2013.
On parle là d’un baroudeur qui avait terminé, toute proportion gardée, l’année civile 2018 avec 59 réalisations devant Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Cette panne sèche a permis à ses poursuivants dans le classement des buteurs de la Qatar Stars League (QSL) pour la séquence 2019-2020
de venir le bousculer sur son trône. Il y a notamment son coéquipier et talentueux Akram Afif qui lui ai passé devant avec ses 14 unités dans l’exercice contre 13 pour le Dz. Le fer de lance des «Guerriers du Sahara»
est donc appelé à se reprendre en main le plus tôt possible pour montrer qu’il s’agit juste une mauvaise passe. Autrement, il ne pourra pas vivre de sa notoriété offensive très longtemps. Chaque match qui passe sans qu’il ne trompe la vigilance du portier pèsera sur son statut en club, surtout qu’il est payé à hauteur de 3 millions de dollars annuels pour conclure le travail, mais aussi aux yeux de Djamel Belmadi pour les échéances à venir. n