Pour une grosse sensation, c’en était vraiment une. Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France (EDF), a décidé de « gracier » Karim Benzema. L’avant-centre du Real Madrid, parti pour ne jamais rejouer avec l’EDF, portera de nouveau la tunique des Champions du Monde en titre. Une réhabilitation sportive qui semblait inenvisageable tant la relation semblait électrique entre le joueur, l’entraîneur, mais aussi le président de la Fédération française de football (FFF).

Par Mohamed Touileb
Il y a quelques jours, Deschamps avait parfaitement noyé le poisson. Alors que les performances de Benzema ont forcé les médias, notamment espagnols, à évoquer son mérite de rejouer avec les « Bleus », l’entraîneur en chef des finalistes de l’EURO-2016 a presque exclu le retour du Madrilène. « Je ne suis pas le Père Noël, je ne suis pas ici pour annoncer des surprises », a lâché l’ex driver de l’AS Monaco et le Juventus Turin.

Une qualité et un niveau reconnus
En gros, un comeback de Benzema ne semblait concrètement pas d’actualité. Un ultime coup de massue pour l’indésirable Benzema ? Que nenni ! Le 4e Meilleur buteur de Ligue des Champions de tous les temps a eu droit à une seconde chance. Loin des problèmes juridiques qui lui ont causé l’incarcération footballistique. Une condamnation qui a duré près de 6 ans. Une période durant laquelle il a pu glaner 3 Ligues des Champions avec le Real Madrid connaissant l’apogée de sa carrière. A propos de ce choix surprenant mais qui trouve explications dans la forme resplendissante de l’ex-Lyonnais, Deschamps a justifié que « tout le monde a droit à l’erreur et je fais ces choix pour ce que je pense être l’intérêt de l’équipe de France » non sans reconnaître que « cette saison et la précédente en termes ne serait-ce que de statistiques, je n’ai jamais dit que je ne reconnaissais pas la qualité et le niveau de Karim.» Le talent pur a fini par primer sur les paramètres extra-sportifs et les états d’âme.

Pourtant, les deux parties vivaient bien l’une sans l’autre
En 2016, KB9 avait estimé, dans un entretien accordé à Marca que « Deschamps a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. Il faut savoir qu’en France le parti d’extrême droite est arrivé au deuxième tour des dernières élections. Mais je ne sais pas si c’est une décision individuelle de Didier, car je m’entends bien avec lui, et avec le président. Je m’entends bien avec tout le monde.»
Evidemment, ces propos n’ont fait qu’envenimer la situation. A ce propos, Deschamps admet qu’« il est vrai que j’ai eu des situations compliquées et difficiles avec certains joueurs » expliquant avoir « fait en sorte de mettre mon cas personnel de côté.» Sans celui qui joue en Liga depuis 2009, la France a pu disputer une finale de l’EURO-2016 en plus de décrocher le titre Mondial en Russie. Parallèlement, sans être sélectionné pendant presque 6 ans, « Benz » a pu s’épanouir avec la « Casa Blanca » aux côtés de Cristiano Ronaldo, Gareth Bale et les autres. Dernièrement, depuis que CR7 est parti vers la Juventus, il est même devenu l’homme fort des Merengue en se montrant extrêmement décisif.

Etat de grâce !
Depuis 3 saisons, il a toujours passé la barre de 20 buts en Liga. Pour la séquence en cours, il a inscrit 22 buts et délivré 8 passes décisives en 33 apparitions en championnat. Il a aussi trouvé la faille à 6 reprises en 10 sorties en Ligue des Champions. Limpide et très productif.
Sportivement, ce retour en équipe nationale est une juste récompense. C’est un aboutissement pour l’abnégation. D’un autre côté, c’est aussi une réconciliation forcée par la performance. Et peut-être aussi d’autres considérations qui dépassent le contexte sportif. Comme ce fut le cas pour sa mise à l’écart…