Le 26 février dernier, Mustapha Berraf, alors président du Comité Olympique algérien (COA), avait annoncé sa démission. Plus tard, le 12 mai, le Bureau exécutif de l’instance morale du sport en Algérie a entériné le départ du patron. Désormais, il faudra élire son remplaçant. Pour l’instant, Mohamed Meridja assure l’intérim. Il est chargé d’organiser les élections qui se feront dans les deux semaines qui suivront le déconfinement.

La situation sanitaire retarde toujours la tenue de l’Assemblée générale élective du COA pour trouver un successeur de Mustapha Berraf qui n’est même pas allé au terme de son mandat olympique. Le boss sortant du COA traînait beaucoup trop de casseroles. Après avoir été cité dans des affaires de malversations, qu’il a toujours niées, il a commis une « bévue » protocolaire qui lui a été fatale.
Petit rappel des faits, lors du Grand Slam 2020 de judo à Paris (France) en février écoulé, il était dans les gradins et s’est levé au moment où l’hymne national de l’Occupant de Palestine a été entonné dans une cérémonie de remise de médailles. Une attitude désinvolte et une scène qui s’est propagée à la vitesse de l’éclair sur les réseaux sociaux. Beaucoup de personnes ont dénoncé le comportement irresponsable d’un homme qui cumule presque 20 années (1996 -1998, 2001-2009 et 2013 jusqu’à ce jour) tous mandats cumulés à la tête de la structure morale du sport en Algérie.

Départ précipité, remplacement retardé
Cet épisode sonnait la fin de son règne. Et ce, malgré le refus, dans un premier temps, du Comité exécutif d’accepter la démission. Ce dernier, via un communiqué, a indiqué qu’ « après avoir pris connaissance de la décision de démission du Président du COA de son poste, le Comité exécutif a rejeté à l’unanimité cette décision et demande au Président de continuer sa mission, afin de ne point perturber la bonne marche de notre instance nationale olympique et la préparation de nos athlètes aux jeux olympiques 2020.»
La motivation de ce soutien indéfectible ? La préparation pour les Olympiades « s’effectue actuellement en parfaite concertation et harmonie avec les services du Ministère de la Jeunesse et des Sports, avec l’objectif de maintenir le soutien aux athlètes et aux fédérations sportives nationales dans leur quête d’une bonne préparation et la qualification du plus grand nombre d’athlètes algériens aux jeux olympiques de Tokyo.» Une tentative vaine puisque, sous la pression médiatique, Berraf a fini par se rendre à l’évidence. Il était devenu indésirable.
Presque deux mois après son départ précipité, la structure olympique annonce, suite à sa réunion tenue mardi, que « l’Assemblée générale (AG) élective du Comité olympique et sportif algérien (COA) aura lieu dans les 15 jours à partir de la levée du confinement par les autorités publiques.» Avant ça, il faudra approuver les bilans moral et financier 2019 lors d’une AG ordinaire dont la date n’a pas encore été fixée.

D’accord avec le MJS
Pour revenir à l’AGE, il faut rappeler que le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a déjà planté le décor et fixé les règles. Les Fédérations et comités sportifs nationaux ont été informés, le 09 juin dernier, qu’il est « formellement interdit de procéder à la moindre modification dans leurs règlements intérieurs à l’approche des assemblées générales électives.» A ce sujet, le directoire emmené par Meridja exprime son « respect des dispositions réglementaires fixées par le gouvernement, ainsi que des dispositions de ses statuts et de son règlement intérieur.»
La relation entre le MJS et le COA semble s’améliorer depuis que Berraf n’est pas aux commandes du Comité. « On a eu une discussion ouverte et franche sur tout ce qui touche le domaine sportif. On a passé en revue les différents aspects pouvant toucher le monde du sport. On aura des projets communs sur plusieurs thèmes inscrits dans l’intérêt du mouvement sportif algérien », avait révélé Meridja le 31 mai écoulé. Cela reste à voir. n