A la Fédération algérienne de boxe (FAB), c’est toujours la guerre des clans. Préjudiciable pour une discipline marquée par les conflits à répétition ces dernières années. Rien qui puisse faire en sorte que le noble art algérien aille mieux. Le refus, mardi dernier, d’adopter les bilans moral et financier, avant qu’ils ne soient présentés à l’Assemblée générale prévue aujourd’hui, par les membres du Bureau exécutif ne laisse pas augurer la quiétude.

C’est un mandat olympique chaotique que la FAB connaît. Et ce, depuis l’élection d’Abdelmadjid Nehassia en 2017 à sa tête. Ce dernier a été confronté au retrait de confiance décidé par l’Assemblée générale et l’intervention d’El-Hadi Ould-Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports à l’époque, pour l’écarter de son poste. En août 2017, Abdeslam Draa, son prédécesseur, lui a succédé aux commandes de l’instance fédérale. Pas de quoi arranger les choses.
Surtout que le président déchu avait introduit un recours auprès du Tribunal algérien de règlement des litiges sportifs (TARSL) qui l’avait rétabli dans ses droits en mai 2018. Toutefois, son retour avait été bloqué par MJS. La suite, c’est une affaire portée à l’international puisque l’Association internationale de boxe amateur (AIBA) était intervenue et avait menacé de suspendre l’Algérie de toutes les compétitions si le litige n’est pas réglé au plus vite. Nehassia finit par retrouver son fauteuil de patron en mai 2019 avec l’appui de Salim Raouf Bernaoui alors premier responsable du MJS.

Un mandat de tensions
Toutefois, ce « comeback » ne semble pas avoir arrangé quelque chose. Les deux années de tensions et d’instabilité ont ouvert la voie à la mauvaise gouvernance et la débandade. Des athlètes abandonnés même qualifiés aux Jeux olympiques qui sont au nombre de sept. Soit un de plus par rapport à l’édition 2016 des Olympiades tenues à Rio de Janeiro (Brésil). Participation ponctuée par 0 médaille.
C’est désormais une coutume, car le marasme à la FAB ne peut permettre une préparation adéquate à Imane Khelif, Roumaïssa Boualem, Mohamed Flissi, Mohamed Houmri, Abdelhafid Benchabla et Younes Nemouchi ainsi que Chouaib Bouloudinat. Ce dernier a, d’ailleurs, poussé un gros coup de gueule pour évoquer sa situation, semblable à celle de ses compatriotes de la sélection, pour se plaindre d’être livré à son sort par les responsables du sport en Algérie.
Un autre problème surgit, et il concerne Nehassia qui semble contraint de « boxer » contre son propre Comité Exécutif qui a estimé que les bilans moral et financier de 2019 présentent des anomalies. Pourtant, le boss de la FAB n’a été rétabli dans sa fonction qu’en mai 2019.

Les pots cassés pour Nehassia
Très actif sur les réseaux sociaux même s’il est désormais loin du milieu pugilistique Dz, Azzedine Aggoune, ancien entraîneur de l’équipe nationale qui exerce désormais en Arabie saoudite, a condamné cette attitude. « Il n’est pas des prérogatives du Bureau exécutif, comme il est stipulé dans l’article 24 du décret exécutif 330-14, d’approuver ou rejeter les bilans du président », a-t-il précisé sur sa page Facebook.
En outre, Aggoune s’est aussi demandé : « Est-ce que l’actuel Bureau exécutif a rempli les critères de l’article 24 ? » non sans préciser que « ces bilans concerne directement ce même bureau parce que Nehassia a été réhabilité en mai 2019 seulement et ce n’est pas lui qui gérait la Fédération auparavant.» En effet, dans l’article 24 du décret 330-14, il est stipulé que « les agents chargés d’effectuer le contrôle sont tenus d’établir un procès-verbal dans lequel sont mentionnés, le cas échéant, les irrégularités et les manquements constatés. Une copie du procès-verbal doit être notifiée au ministre chargé des sports, au responsable du centre et la fédération sportive nationale concernée dans un délai de quinze (15) jours.»
Or, l’Assemblé générale se déroule aujourd’hui soit 48h après la réunion de l’exécutif dans lequel manque deux membres qui n’ont toujours pas été remplacés et c’est antiréglementaire. Vous l’avez compris, le sport algérien obéit au copinage et à l’allégeance à ceux qui prennent plus le temps pour former des hommes de main plutôt qu’établir des plans pour que le sport se porte mieux demain. Maladif. n