La galerie d’art de l’Opéra d’Alger, Boualem-Bessaih accueille, jusqu’au 10 mars prochain, l’exposition intitulée « Inspirations » de l’artiste peintre Fatma-Zohra Bouaouni, composée d’une quarantaine de tableaux, notamment dans le style impressionniste et figuratif.

Ces œuvres sont inspirées du vécu de l’artiste qui a tenu à mettre en relief le patrimoine immatériel et matériel de l’Algérie. Il est souligné à cet effet, dans la présentation de cette exposition, que Fatma-Zohra Bouaouni, artiste peintre de vocation et juriste de profession, est née dans la ville Blida dont les paysages, ceux de la Mitidja en particulier, l’ont de tout temps passionnés. » Dès lors, « ses productions reflètent cette appartenance qu’elle revendique et dont elle porte l’héritage, celui de ses origines auressiennes et plus particulièrement celui du village de ses ancêtres Taxlent ».
C’est tout, naturellement, que l’histoire de l’Algérie, la diversité de sa culture, la richesse de ses paysages l’ont « toujours captivée, fascinée et inspirée ». L’artiste confie à propos de la source de ses inspirations, sur les ondes de la Chaîne III : «Je suis native de Blida et j’ai grandi au cœur de la Mitidja, au milieu des roses et du jasmin, qui sont mes fleurs préférées. Depuis ma tendre enfance, j’ai été passionnée par cet aspect floral de la ville et cela m’a imprégné sans m’en rendre compte. » Ajoutant que «d’autant plus, que j’ai grandi avec le rituel de ma mère qui, tous les matins, faisait le tour du jardin pour choisir les fleurs qui allait orner et embaumer notre maison tout au long de la journée ». Fatma-Zohra Bouaouni évoque aussi un autre souvenir qui l’a marqué lorsqu’elle était jeune. Durant les vacances d’été, chaque matin, avec ses amis et ses cousins, ils faisaient la collecte des fleurs de jasmin pour en faire des colliers avec au milieu la rose de Damas «Elmeskia ». Elle confie à propos de ces souvenirs que «ce sont des choses qui m’ont vraiment marqué depuis mon jeune âge et du coup je voulais vraiment rendre hommage à tout cela ». Concernant les œuvres dédiées à la beauté des paysages et villages chaouis, l’artiste explique que son père est originaire de Batna, ce qui lui a permis de découvrir la beauté des paysages panoramiques des Aurès. Entre Blida et le village chaoui, c’est toute la beauté et la richesse des paysages et du patrimoine algérien qui s’exprime dans ses œuvres avec comme pour objectif, faire valoir cet héritage ancestral. Ce patrimoine, elle le met également en avant à travers des peintures dédiées à faire scintiller toute la beauté des tenues et bijoux chaouis et blidéens à l’instar de la « mhlefa » et le « mcheraf » chaoui, mais aussi « laghlila » et le « khit el rouh » blidéen. A l’occasion de cette exposition, à la galerie de l’Opéra d’Alger, Fatma-Zohra Bouaouni rend également hommage à la femme algérienne qu’elle considère comme « la gardienne du temple et du patrimoine culturel et qui a toujours été présente pour garantir le transfert de ce patrimoine d’une génération à une autre». Cet hommage est en outre rendu à travers des tableaux sur le rituel de la distillation des roses «tektar» mais également au patrimoine culinaire avec une œuvre dédiée au couscous. La femme targuie est aussi à l’honneur à travers les tableaux représentant les femmes du Grand-Sud algérien jouant de l’imzad. L’artiste peinture explique à ce sujet que «j’ai tenu à faire ce tableau pour rendre hommage à ces femmes targuies qui ont préservé l’imzad, sachant que cet instrument musical séculaire ne peut être joué que par des femmes. Je trouve important que cela soit une source d’inspiration pour faire valoir cet art traditionnel pratiqué que par des femmes ».

«Couleur pour chaque enfant »
Par ailleurs, Fatma-Zohra Bouaouni est également fondatrice de l’initiative « Couleur pour chaque enfant », une action dédiée aux enfants hospitalisés dans les services de pédiatrie et ceux atteints du cancer avec pour objectif de leur redonner le sourire à travers les couleurs. Pour expliquer ce qui l’a poussé à cette initiative, l’artiste exposante considère l’art comme un état d’esprit et un mode de vie, une passion qui lui permet de transcender les moments difficiles et un refuge où elle trouve le soutien et l’énergie d’avancer dans la vie. Elle confie à propos de ces ateliers d’art thérapie pour les enfants hospitalisés, qu’«au début, j’ai commencé cette initiative tout seule, munie de mon sac-à-dos avec ce qu’il faut pour que les enfants puissent dessiner. Puis cela a pris de l’ampleur et de plus en plus de personnes ont adhéré au concept et je remercie tous ceux qui ont contribué à redonner le sourire à ces enfants». Fatma-Zohra Bouaouni précise également pour ceux qui veulent contribuer à cette action bénévole que «beaucoup de personnes nous ont proposé de l’argent. Mais, je leur réponds que nous n’avons pas besoin de cela. Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont des personnes qui puissent offrir de leur temps pour être présentes auprès de ces enfants hospitalisés. Il suffit de peu, même de simples feuilles blanches avec des crayons de couleurs. Ce qui est vraiment important c’est cette présence auprès de ses enfants » L’appel est ainsi lancé pour les bénévoles intéressés par cette initiative qui peuvent le faire soit à titre personnel soit en rejoignant le groupe de l’artiste sur sa page officielle ou sur la page «Couleur pour un enfant ».n